10/03/07 (debut du 5 eme carnet de notes papier)
Apres avoir recupere de la grosse journee d'hier, nous avons fait le tour du quartier ce matin pour trouver une auberge moins chere avec le petit dej inclus. L'apres midi sera une ballade decouverte du centre ville d'Ho Chi Minh Ville (ex- Saigon) - HCMV-. Des les premiers pas et surtout la fin du premier trottoir, on se rend compte que Saigon a quelque chose de plus que les autres villes d'Asie et ce "quelque chose" doit se chiffrer en quelques millions de mobylettes et autres 2 roues. Les voitures ne sont que de rares grumeaux au sein d'une circulation fluide qui s'ecoule dans la ville. A l'instar d'une traversee de riviere, lorsque vous traversez la chaussee, il faut plonger. Impossible d'attendre qu'il n'y ai plus personne, a moins d'avoir avec soi tout le necessaire de campement longue duree. Il faut donc avancer tete baissee et "magiquement", les mobylettes se mettent a epouser les formes de votre corps comme si vous etiez une pile de pont et a vous glisser autour. En avancant ainsi a petit pas (attention a ne pas se faire emporter par le courant), vous avez des chances de rejoindre l'autre rive sain et sauf. Une fois habitue, tout va bien. Contrairement a la Mongolie ou il y a beaucoup d'agressivite sur la route, ici c'est serein, pas de violence. Dans une foulee, je longe le parc a defaut d'y entrer, puis les quartiers chics, la Cathedrale Notre Dame, la poste (tres jolie avec ses cabines de tel en bois laque fonce et son air de gare ferroviaire d'epoque), ensuite le theatre national, dans son prolongement, les "Champs Elyses" locaux avec en perpendiculaire, un Palm Beach reconstitue et enfin le marche couvert. Dans la rue, on croise de tout : des gens aises, des mendiants, des touristes de tous horizons, des colporteurs, les bars et les restos sont souvent tres chics et assez chers. Des que l'on cherche la categorie en dessous on tombe tout de suite sur le vrai boui-boui avec chaises plastiques de dinette et mini tables sur un coin de trottoir.
Le soir nous dinons dans notre quartier "back-packers", une ruelle tranquille mais toujours pleine de vendeurs de bouquins photocopies, lunettes, briquets, chewing-gums, et marijuana...Les vendeurs ont entre 5 et 80 ans. Cette nuit, le sommeil sera penible avec l'impression (justifiee par le cadre) que quelque chose nous gratte sans cesse. Y aurait-il des puces, des achariens ou autres bestioles? toujours est-il que des le lendemain Sandra developpe une bonne allergie dans le dos, qui durera plus de 4 jours.
11/03/07
Ce n'est pas trop mon style mais en visitant la Cathedrale hier, j'ai eu une idee. Faire une surprise a Sandra et l'emmener voir la messe de 7h30 ce matin. Tout en Vietnamien, une chorale de fou avec du bon materiel sono. Des tenues de qualite avec des toges blanches et des echarpes violettes. D'apres Sandra, l'enchainement des lectures, prieres etc est identique a ce qu'il se passe dans les eglises catholiques europeennes. Lorsque chez nous, nous nous embrassons pendant la messe, ici ils ne se touchent pas mais se font des courbettes. La messe dure une heure et la Cathedrale est pleine (Au moins 400 personnes d'apres la police et 10.000 d'apres les organisateurs). Un bon debut de journee donc! En direction de la maison, nous sommes interpelles par un jeune homme bien habille qui nous explique des choses pas tres claires. Sur notre mode "sous-marin" (qui nous permet d'esquiver les accostages permanents) nous restons prudents. Il a l'air de vouloir nous faire lire un bouquin et il veut qu'on le suive dans un bar a quelques minutes de la.....Ok pour la lecture mais nous preferons l'emmener dans un bar de notre choix. Le gars est d'accord, c'est parti.
Il s'appelle [Boui], 21 ans, en deuxieme annee d'ecole d'ingenieur a Saigon, sa famille vit a Hanoi. Le matin, il se leve a 5h00. De 7h a 11h, il etudie a la bibliotheque; ensuite c'est le dejeuner. De 13h a 18h, il est en cours et ensuite jusqu'a minuit, il fait ses devoirs. Le dimanche, il aborde des etrangers pour ameliorer son anglais. Comme il a le bouquin mais pas les CD d'apprentissage, il demande aux touristes de lui lire les lecons. C'est ce que l'on a fait avec lui ce matin. Si pour nous les langues asiatiques paraissent difficiles a cause de la prononciation, il en va de meme pour les Asiatiques avec l'anglais. En fin de matinee, nous quittons [Boui] en echangeant les mails. Nous consacrons du temps a la recherche d'un billet d'avion pour Hanoi. 2 heures en avion contre 50 heures en bus, il nous en coutera 83 dollars chacun pour decoller demain! L'apres midi, nous faisons le tour a pied recommande par Lonely Planet. Nous avons pratiquement deja tout vu hier. Au marcher du centre ville, nous achetons des ramboutants (litchis a poils longs qui ressemble au virus du Sida et des Sour Apple (sorte d'artichauds sans feuille a la chaire tres sucree et scindee en petits compartiments abritants un noyau). Les deux fruits sont delicieux. Nous les degustons dans le parc du centre ville. En fin d'apres midi c'est une session internet avant une soiree de fete.
Aperitif au vin rouge de Dalat (region viticole Vietnamienne) dans un bar "branchouille" suivi de quelques bieres pression comme il faut. Nous discutons de sujets nouveaux, comme si nous ne nous etions pas vus depuis des jours. Interessant de voir comme les environements peuvent influencer les comportements ! Plus tard, apres trop de pop-corn et de cacahuetes, nous trouvons un Italien pour commander les spaghettis dont Sandra reve depuis plusieurs jours. Nous rentrons un peu gais. Et oui, il nous en faut peu mais nous buvons tres tres legerement depuis le depart; alors le moindre exces se fait vite sentir.
12/03/07
Taches menageres usuelles (recuperation du linge, bouclage des sacs etc...), ballade vers le musee des beaux arts (ferme le lundi), poursuite vers le riviere (Saigon river) et pause le long des berges pour mettre les carnets a jour. Ce matin nous avons echange nos livres. Nous nous rabattons vers le musee des crimes de guerre. Extremement violent a visiter avec les photos des "trophers" de guerre americains. En exposition, des charniers de femmes et d'enfants, des americains tenant des tetes a bout de bras, des portraits de villages apres les bombardements et des tortures de prisonniers vietnamiens, des ossements, des armes et les consequences des armes chimiques utilisees par les US, materialisees par les malfomations a la naissance dans du formol. Tout ceci donne une dimension trop "vraie" et trop recente a nos lectures. Apres un diner avance, nous marchons 500 metres pour sauter dans le dernier bus en direction de l'aeroport. Nous prenons l'avion comme nous prendrions un taxi. Resultat, nous oublions les canifs dans notre bagage a main. Anecdote interessante : si en France ou ailleurs, nous etions certains de nous faire confisquer les couteaux, ici ils nous ont permis de revenir en arriere, ils nous ont donne un colis en carton que nous avons pu enregistrer comme 3eme bagage et recuperer a Hanoi. Le vol se passe bien (original: c'est une femme occidentale au volant de l'avion Vietnam Airlines). C'est a l'arrivee que ca se complique. Nous trouvons facilement une navette a 2 dollars pour nous amener en centre ville (une heure de trajet), nous atteignons les abords de notre objectif a 1 heure du matin. Seul souci/imprevu: a Hanoi, il y a un "couvre-feu" et a minuit, tout le monde baisse le rideau. Resultat, nous sommes en plein milieu de la nuit, il pleut (et oui, ca non plus on ne pensait plus que ca pouvait arriver), les rues sont noires noires, nous n'avons aucune reservation et comme Anna Gavalda, nous aimerions bien que quelqu'un nous attende quelque part. En observant par les fenetres, nous finissons par trouver quelqu'un qui nous dit que sa Guest House est full comme toutes les Guest Houses du quartier. Seul un hotel propose une chambre qui passe subitement de 18 a 20 a 25 dollars au fur et au mesure de la discussion. Elle se met a plaisanter "si vous voulez, vous pouvez retourner a l'aeroport". C'en est trop, on retourne dans la rue. 20 metres plus loin, l'hotel dont elle nous parlait, on trouve la chambre pour 20 dollars avec petit dej. La pluite continue. Pas le choix, ce sera notre chambre la plus chere depuis le depart. Cela dit, c'est le grand luxe, il y a une couette et un plancher en bois, une baignoire et un vrai matelas.