17/06/07
Une journée pas comme les autres.
Un petit dej génial avec les œufs brouilles, les crêpes et tout et tout. Comme d’habitude au moment du départ, nous faisons une rencontre, un groupe de Marseillais bien sympas. Il est temps de prendre un taxi, direction la gare des bus pour avoir le temps de téléphoner en Belgique et souhaiter un bon anniversaire a Rémy qui a trois ans avant de partir pour Cuzco. Pour une fois nous sommes bien en avance et nous arrivons a 8h40 au lieu des 9h15 prévus par la compagnie de bus.
Avant d’acheter des kilos de nourriture et puisque nous avons achète les places dans le bus « Royal Class » nous nous assurons que les repas ne sont pas servis dans le bus (et oui, pour venir nous avons eu le petit dej). C’est a ce moment que nous nous entons dire, au bout du joli sourire de la guichetière que notre bus ne partira pas parce qu’il a été annule (officiellement, il n’est pas arrive de Lima, pour de vrai, il n’y avait pas assez de réservations !). Vive réflexion, quelques questions et nous apprenons que le dernier bus de la matinée part a 8h45, c’est a dire dans exactement 2 minutes ! Panique et déception. Mais nous n’en sommes pas a notre premier imprévu, pas de problème (on a quand même eu chaud). Sandra se précipite au locutorio pour téléphoner. Pendant ce temps, je me fait rembourser les billets, je négocie avec la deuxième compagnie pour ne faire partir le bus qu’a 9h00 au lieu de 8h45. Ca marche ! Les nouveaux billets en poche, c’est le moment de procéder au check in, (comme dans les aéroports, ils prennent ton sac et tu le vois disparaitre derrière le mur, sauf que derriere, c’est le trottoir et que n’importe qui peut faire n’importe quoi, il faut alors vite courir chercher le sac de Sandra qui téléphone a l’étage du hall de gare pour faire le check-in de son sac également. Bref, le coup de fil est passe (seulement 7 minutes mais ca fait déjà bien plaisir) et nous avons deux places pour aller a Cuzco aujourd’hui. Tout va bien ! Nous sommes juste un peu étonnés de ne payer que la moitie des premiers billets.... l’étonnement ne dure que jusqu’a ce que l’on voit le bus. Plus « économique » que ca c’est pas possible. Et forcement comme on est arrives en fin de course, nous avons les 2 des 3 dernières places disponibles, autrement dit, celles que personne ne veut, tout a fond, collées juste contre les toilettes. Des les premiers mètres nous comprenons que c’est parti pour 10 heures de montagnes russes. Nous sommes bringbales comme des poupées, de haut en bas, de gauche a droite, 1, 2, 3.... motilium ! Les premières heures nous accusons un peu le coup, tout en sachant que ca pourrait être pire et que nous pourrions comme au Laos être assis sur des petits tabourets en plastiques dans l’allée centrale. Notre fenêtre est en verre poli et nous ne voyons pas le paysage (raison pour laquelle nous avons choisi de voyager de jour), et au bout de quelques passages des voyageurs aux toilettes, nous nous apercevons que la fenêtre polie est celle des toilettes et que nous pouvons la faire coulisser. Du coup c’est chouette on a le choix, soit on ouvre la fenêtre des toilettes et on ne voit rien, soit on la ferme et on vous laisse imaginer les effluves qui accompagnent les paysages. Nous profitons tout de même du paysage qui vaut vraiment la peine......pendant 10 minutes, jusqu’a ce qu’ils décident de mettre en route le premier film. C’est pas l’image qui gène, ca, a la limite, si t’as pas envie tu regarde ailleurs. C’est le son. Comme si c’était un signe extérieur de luxe, ils aiment bien le mettre a fond. La baffle fixée a 1 mètre de nos oreilles doit délivre 250 déci belles saturées et gresillantes a souhait ! Les bouchons d’oreilles on ramène le son a un niveau presque humain. Autour de nous il n’y a que des locaux, bien locaux. Sandra qui était déçue de ne voir que des Péruviens hyper occidentalises, est servie. La ils sont comme sur les cartes postales, souriants, ponchos fluos, jupes multi couches, collants en laine épaisse, longues tresses, petits chapeaux ronds ou haut de formes trop petits et fixes sur le haut du crane des dames, tout est bon pour l’appareil photo, mais nous n’osons pas.....
Notre bus/bateau file a vive allure au milieu des plaines désertiques et les prairies d’herbes jaunes et de petites touffes. Comme nos voisines, nous prions pour que tout se passe bien jusqu’au bout. Nous trouvons beaucoup de points communs avec la Mongolie. Les hauts plateaux ressembles aux hauts plateaux c’est certain, mais même les gens ont certains points en commun, la peau brulée par le soleil et les yeux un peu brides. Les reliefs a l’horizon semblent toutefois plus découpés. Au cours du voyage, nous nous arrêtons dans des villages pour déposer et prendre de nouveaux voyageurs. Les maisons ne dépassent jamais un étage et sont souvent faites de briques de torchis. Nous sommes chanceux, c’est dimanche et les marches sont en activité. Lors d’un arrêt, je descends acheter une bouteilles d’Inca Kola, une femme vend des pommes de terre macérées qui dégagent une très forte odeur, une autre vend des fromages entiers (8 soles le kilo). Un peu plus tard, ce sont les vendeurs qui montent dans le bus pour faire un bout de chemin avec nous en vendant le déjeuner. Nous avons mis 5 minutes a comprendre mais deux femmes ont dépose un baluchon de tissu derrière nous et l’odeur ne nous a pas échappé ! Dans le tissu, un sac en papier et dans le sac en papier, une bête séchée que les deux femmes découpent a la machette pour servir aux voyageurs accompagne de devinez quoi ?.......des pommes de terre macérées ! On reste sur les crackers pour aujourd’hui. Au beau milieu de tout cela une scène retient l’attention de Sandra. Nos 2 nouvelles voisines n’arrêtent pas de déballer leurs sacs. Elles sortent de leurs gros sacs, des petits sacs tous noirs, tous bien rectangulaires et tous de la même dimension. Un quart d’heure plus tard, toujours pareil ! Nous finissons par leur demander carrément ce qu’elle font. Et la, pas décontenancée le moins du monde, elles nous expliquent avec un grand sourire, un petit air complice et un signe de discrétion que c’est « quelque chose pour fumer ». A la bonne heure ! Pour Sandra qui est en plein dans Mr Nice de Howard Marks, ca ressemble étrangement a une mise en pratique. On refuse malgré tout de prendre une boite avec nous. Il y en a partout, dans les bras du voisin de devant, sous les sièges, sur les portes bagages, sous leurs jupes, elles en ont même cache dans les toilettes. La frontière se rapproche, la tension monte, on s’arrête, pas de contrôle, un grand soupire et elles peuvent faire une petite sieste pour le reste du voyage. Depuis quelques heures nous prenons de l’altitude et nous le sentons bien. Dans les villages, de plus en plus petits que nous croisons, les gens s’affairent. Certains trient la paille en la jetant en l’air avec des fourches, d’autres pietinent des fruits, les animaux sont en semi liberté lamas, chevaux, mules, moutons, chiens. Non loin des habitations, a la lisière des champs, les toilettes se distingues, petites boites en plastique et taule d’un ver vif, elles apparaissent tel des champignons. Le soleil rasant ajoute une bonne dose de beauté au panorama déjà exceptionnel. Peu avant la tombée de la nuit, nous sommes pris dans les bouchons en pleine campagne !! Faut le faire. D’un coup le bus est assailli par des centaines de personnes qui veulent toutes monter. Comme ce n’est pas poli de dire non, nous nous retrouvons un peu en surcharge pour les 2 dernières heures de trajet. Il y avait en fait un rassemblement de 6000 personnes dans ce petit village ou les danseurs étaient en compétition pour représenter leur village la semaine prochaine a la grande fête Inca, a Cuzco. C’est après 11 heures de voyage bien remplies que nous atteignons les 3350m d’altitude de Cuzco. Nous sommes ravis que la providence nous ai fait prendre ce bus plutôt que le « Royal Class » initialement prévu !!
18/06/07
Grosse nuit sous 6 couvertures, dans cette auberge de jeunesse extremement froide et chère. Il est temps de bouger pour un autre point de chute. Avec l’aide de deux Colombiens, nous trouvons un endroit sympathique, un peu plus en hauteur mais dote d’un joli jardin. A Cuzco en ce moment, il fait peu être 25 degrés ou plus la journée mais la nuit il gèle et il n’y a pas de chauffage dans nos petites Guest Houses. Beaucoup de fatigue avec l’altitude. C’est une chose de skier et de passer a 3500 mètres, c’est autre chose, d’y dormir, de s’y réveiller et d’y vivre. Le moindre escalier et nous sommes parterre en train de happer l’air comme de poissons hors de l’eau ! (Mal de tète, nausées etc...vivement que ca passe). Une petite infusion de feuilles de Coca et nous voila boostes pour 2 heures. Pas plus ! Apres ca retombe et c’est reparti la galère.
Tranquillement, visite de la superbe Plazza de Armas, entourées de ses arcades, nous poursuivons jusqu’au marche local pour acheter un bonnet et une paire gants en remplacement de ceux que j’ai perdu en Patagonie (12 soles soit 3 euros, ca va pour des gants et un bonnet). Un peu plus haut, le cordonnier pour fixer les baskets qui commencent a montrer leur âge. Ce soir diner a l’auberge : Glacial !
19/06/07
Journée d’acclimatation et de repos. Petite mise a jours du Blog. Découverte du mur le plus prise de Cuzco. Fabrique par les conquistadors espagnols avec les pierres qu’ils ont pris aux sites Incas avoisinants. Les pierres sont géantes, l’une d’entre elle a 12 cotes....les gens prennent des photos devant ! Le plus intéressant, ce sont les constructions elles mêmes, les rues, pavées de cailloux ronds et glissant, formants de jolies frises et rosaces, les petites places pleines de charme ou les gens aiment se poser au soleil, les églises très nombreuses et toutes plus belles les unes que les autres. Le soir, nous dinons avec Véro et Arno que nous avons croises a Nazca et qui sont en voyage pour un an. Ils sont partis de Paris début octobre 2006, ont les mêmes sacs a dos que nous et ont un Blog sur Top Départ ! Drôles de coïncidences non ? Ils nous donnent tout un tas de bons plans pour la découverte de la Bolivie qu’ils viennent de quitter.
20/06/07
Depuis le temps que nous sommes a Cuzco, il est grand temps de prendre un peu le large et de tester notre condition en prévision du trek de 5 jours que nous voudrions faire pour aller voir le Machu Picchu. Le bus local nous éloigne de la ville jusqu’au point de départ de notre ballade. (Grosse frayeur quand je m’aperçoit que ma poche est ouverte et que je crois avoir perdu, clés et carte de crédit, retrouves 10 minutes plus tard dans deux autres poches. Le petit épisode n’a pas trop plu a Sandra.).
Durant la journée nous visitons donc 4 sites Incas en redescendant a pieds vers Cuzco. Avec l’aide d’un guide, nous apprenons 3, 4 trucs intéressants sur la civilisation Inca, son rapport a la nature et les secrets des sites et de leurs construction. Par exemple, au milieu d’une enceinte, un rocher auquel nous n’aurions accorde que très peu d’attention se révèle sous un certain angle être une maquette très fidele du Machu Picchu !! Le dernier site (ou se déroulera la fête du soleil le 24 juin) est gigantesque. Les centaines de visiteurs paraissent tout petit. 10 kilomètres de marche, sans souci, qui se terminent par une belle surprise. A cote de nous a quelques mètres, un Condor d’envergure plus grande que la taille d’un humain. Un dame nous explique qu’il va encore grandir. Qu’il a été recueilli lorsqu’il était jeune et que son « maitre » est en train de l’adapter progressivement au milieu sauvage dans l’optique de le lâcher d’ci quelque temps dans le canyon de Cloca....
S’en suit une belle soirée rhum arrange et pizza pas cuite.
21/06/07
Solstice d’hiver,
Ce matin les ombres spéciales ont pu êtres observées au lever du soleil sur les sites Incas. Nous on dormait ! Depuis 3 jours, le mal des montagnes est parti. On galope pas non plus, mais ca va ! Apres négociations, nous signons pour un trek guide de 5 jours, 6 nuits afin d’atteindre la cite du Machu Picchu. (180 dollars par pers tout compris.....ca nous aurait couter plus cher en prenant nous même les tickets d’entrée, les tickets de train et les muletiers, sans compter que nous n’aurions pas eu les bouteilles d’oxygène pour passer les 4600m). Journée de préparation, lessives etc....L’après midi, nous découvrons le marche. Comme un marche Péruvien ou Mongol, des paillasses en carrelage blanc pour la viande, des étages de légumes et de fruits, des petites échoppes pour déjeuner. Nous achetons tout ce qu’il faut pour ce soir et en profitons même pour gouter a la Chicha morada (sans alcool), jus de mais noir. Sur la Plaza de Armas, un énorme défile, de costumes, de couleurs, musiques et danses. Les universités du la région sont représentées en vue du spectacle du 24 Juin. Aujourd’hui tout le monde est en costume et c’est la présentation officielle. Une foule bien dense sur la place, attention aux voleurs de sacs a dos !
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