30/04/07
Curieux de voir a quoi peut bien ressembler Noumea un Lundi. Eh bien, c’est un peu mieux qu’hier mais c’est pas encore tres dynamique. En plus des Kanaks qui se balladaient sur la place des Cocotiers hier, il y a maintenant des “metros” (les blancs de metropole) qui font leurs courses. Une ambiance de petite ville provinciale bien francaise avec un mauvais point, les gens parlent avec un faux accents force de mechant, comme en banlieue parisienne et un bon point, tout le monde se dit bonjour. La journee est consacree a la mise en place du programme, un travail bien plus fastidueux que ce que nous imaginions. Premierement, collecte des documents, dans les 4 differents offices du tourisme (pour faire simple). Deuxiemement, preparation d’une reunion speciale (entre nous 2) pour mettre a plat et en ordre toutes les informations que nous possedons desormais. D’habitude on fait ca en marchant, en prenant un bateau ou en visitant quelque chose mais la, il y a tellement de donnees et c’est tellement embrouille qu’il nous faut une piece au calme, une table, deux chaises, des crayons, du papier…..bref une armada administrative. Donc, de retour a l’auberge, soigneusement, avec beaucoup de determination, nous epluchons, lisons, suposons, telephonons, prenons des notes, cherchons, changeons, essayons, re-changeons et finalement nous nous decourageons, nous nous resignons et abandonons. Trop complique, trop cher, trop lent, trop mal explique. L’ile n’est pas vraiment faite pour le tourisme itinerant et ca se voit. Pour que ce soit facile, il faut soit avoir de l’argent, soit avoir plus d’argent encore. Finalement nous optons pour un compromis, la location d’une voiture pour 7 jours et 170 Eur (21000 Francs Pacifiques) et l’achat d’une tente 2 places (1,2 m sur 1,8 m), simple toile. Des ce soir nous recuperons le bolide. Au moins 40 chevaux-nains, 1 litre (de lait) sous le capot, des jantes en rouille et une calandre a faire mourir un herisson de rire, c’est une twingo (bordeau pour faire plaisir a Manu). Au moins s’il pleut trop pour notre tente on pourra toujours dormir a l’interieur. Pour la premiere sortie du char nous allons visiter Carrefour et faire les courses pour la semaine de camping a venir. Camembert a 7 euros et tablette de chocolat a 6 euros, nous allons manger des sardines et des pommes. Ce soir nous passons la soiree avec Aurelie et son frere Xavier qui viennent de passer 6 mois a bosser en Australie comme serveurs puis dans une production viticole. Ils sont Bretons mais font parti d’un atelier de peinture a Strasbourg et sont deja venus a Lux pour demarcher les societes. Ils nous donnent des bons plans sur les locations de Van en Nouvelle-Zelande.
1/05/07
Fete du travail. (Nous on devrait bosser aujourd’hui pour marquer le coup)
A defaut de feter le travail, nous fetons notre premier jour de camping.
En voiture nous quittons Noumea pour remonter la cote ouest sous une pluie battante. Les paysages n’en sont pas moins spectaculaires, des etendues vertes de prairies en pentes qui se jettent dans la mer. Les routes sont en tres bon etat, bien lissent et trop droites, nous sommes surpris par la vitesse des autres vehicules et par le nombre de bouquets funebres sur le bord des routes. Au bord de l’eau pour dejeuner, nous imaginions trouver une plage de sable fin, de cocotiers et d’eau turquoise comme dans les films, et bien non! Ce midi la surprise est de taille, la plage ou nous nous trouvons est boueuse, l’eau est tres peu profonde, brune et pleine de crustaces (notament les « grisettes » que nous connaissons sous le nom de « coques » et que les gens de la tribue locale sont venus pecher), le ciel est tres nuageux et avec la colline en face, seule la temperature de 30 degres nous rappelle que nous ne sommes pas au Mont St Michel. Surprenant mais neamoins joli. Une surprise un peu moins agreeable nous attend sur la route. Suite aux fortes pluies des dernieres heures, un pont s’est effondre. Nous ne pouvons donc pas rejoindre la cote Est et sommes contraints de rebrousser chemin sur 50 kilometres. A la radio, seulement 2 chaines dont une de reggae exclusivement, c’est peace mais un peu limite. Nous remontons le long de la cote ouest passant de collines en prairies et longeant la mer a distance. A la tombee de la nuit, une surprise encore moins agreable nous attend. La zone de camping que nous avons choisi sur la plage de Franco est vide, presque a l’abandon. Nous decidons de nous poser après une grosse journee de voiture mais en moins d’une minute nous sommes litteralement pris d’assaut par les moustiques, impossible de faire deux pas hors de la voiture sans se faire piquer. Nous nous reffugions dans la voiture pour faire le point mais il est deja trop tard, les insects ont envahient l’abitacle et nous attaquent en permanence. Impossible de rester ici cette nuit. Il est 18h00 nous reprenons la route, de nuit et vers le nord.
A partir de la, c’est un peu la lose. Autour de Kone, nous cherchons des endroits qui sont sur notre miserable carte mais qui semblent ne pas exister. Vers 20h30, nous arrivons sur une plage (en ayant croise un crabe geant sur la piste), fatigues et sans se poser trop de questions, nous monttons la tente en pleine nuit sous un arbre. Une boite de sardine a l’huile et au dodo, a meme le sol, dans nos sacs sous notre minuscule tente, avec les moustiques kamikazes qui se jettent sur la toile de tente et la pluie qui s’en mele vers 5 heure du matin.
02/05/07
Bon anniversaire Clem.
Ce sont les pieds mouilles et le dos en 8 que nous nous reveillons. Il pleut depuis 3 jours, impossible d’allumer un feu. Les moustiques nous infligent des dizaines de piqures a tous les endroits du corps pendant le petit dejeuner. Un peu plus haut, a Voh, nous sortons de la Twingo pour entamer une marche de quelques kilometres afin d’appercevoir le fameux Cœur de Voh du haut de la montagne. Nous avons vraiment du mal a distinguer un Coeur. A vrai dire nous en voyions 3 avant qu’un policier nous indique lequel a ete rendu celebre a travers le monde en couverture du bouquin de Yan Arthus Bertrand, La terre vue du ciel. En recompense nous avons collecter quelques dizaines de piqures de moustiques de plus. Au final on peut dire qu’ils aiment en particulier nos coudes, chevilles, et fesses. Plus tard et plus haut sur la cote, nous stoppons a Koumac pour dejeuner pres de l’eau. Le spectacles est prenant. L’eau est argentee, le ciel est tres bleu et un homme peche a pied, au fillet. Encore une fois nous ne sommes que tous les deux. Apres 6 mois en Asie nous sommes tres surpris de ne croiser qu’un village tous les 20 kilometres et une dizaine de personnes (generalement a la station essence) dans chaque village. Alors dans les campings, sur les chemins de ballade et sur les plages de la cote ouest, autant dire qu’il n’y a personne. Le soir, après 40 kilometres de pistes boueuse sous la pluie et a travers les petites collines, nous arrivons a Poingam, le village le plus a nord de la grande terre. Cette nuit, il pleut beaucoup plus qu’hier et après une heure de someil, nous nous reveillons dans un pediluve, impossible de rester la. Un repli strategique mais obligatoire vers la voiture s’impose. Une bonne nuit dans la Twingo avec le serpentin anti-moustique. On a connu des endroits pourris depuis le depart mais celui-ci est sans doute l’un des moins confortable.
03/05/07
Encore une fois ce matin, le feu ne prend pas….C’est tres frustrant de commencer la journee sur un tel echec! Pas grand chose de special ici, pas de jolies ballades, nous quittons le camp et passons du cote est de la Grande Terre, de Koumac a Pouebo. Le col du milieu de l’ile suplombe les colines et offre un panorama edifiant sur les 2 cotes, la pointe nord et les differentes passes qui relient le lagon a l’ocean a travers la barriere de corail. Des notres descente vers l’est nous remarquons que la vegetation differe du tout au tout. Finies les grandes etendues vertes, ici le relief se jette plus brutalement dans le lagon. Les plamiers font leur apparition ainsi que les gramines. Les grands arbres a troncs blanc se font plus rares et les routes plus sinueuses. Aujourd’hui, stop a Colnett au relais de Ouane Batsch, bonne nouvelle on peut mettre notre tente sous un fare (abris en feuilles de palmier). La grande reussite : nous nous y sommes mis a deux et avons reussi a faire un vrai feu qui nous a permis de manger chaud ce soir. Sur la plage, des centaines de minuscules crabes transparents jouent a chat avec les vagues et tous les coquillages sont habites par des Bernard-lermites.
04/05/07
Yes, une douche chaude!
C’est reparti sur la route mais pour peu de temps. Nous descendons a Hienghene en passant par le dernier bac de l’ile. Une platforme qui transporte les voitures, deux par deux d’un cote a l’autre de la riviere. La derniere fois que je montais sur un bac c’etait a Angers pour aller reviser mes cours au Port de l’Ile avec des rillettes et des bouteilles de rose doux en jouant au palais. Ce sont donc une “foultitude” de souvenirs qui revienent. L’apres midi nous marchons au bas des chutes de Tao et en fin de journee nous rejoignons la Tribue (Werap) dans laquelle nous allons passer la nuit. En arrivant, le chef (Bami Martial) nous indique notre Fare (la hutte d’Obelix). Deux matelas au sol et un petit chien en guise de peluche a puces vivante. Il (Martial) s’en va aussitot au Club Med, feter le cerf qu’il a tue ce matin! Bref la pluis s’en donne a cœur-joie et il n’y a personne dans le village, nous mettons nos carnets a jour. Pour le diner impossible de participer, malgre nos approches la discussion ne prend pas et on s’obstine a nous appeller “les touristes” (ce que nous sommes ,Ok, mais enfin nos prenoms, ca aurait pas ete plus mal).
Pour le diner (un bougna de poisson) on nous dit juste : “ C’est prêt”.
A notre plus grand etonement, nous sommes invites a nous intaller dans une grande piece, entre un frigo et une batterie. Seuls ici, nous trouvons effectivement que l’experience est unique et originale mais pas exactement dans le meme sens que ce que la brochure laissait esperer. Apres quelques minutes, Ivanohe, le fils de la famille (sans doute puni) vient se joindre a nous. Fort heureusement Ivanohe est tres interressant. Il a 14 ans, 11 freres et sœurs, la plupart ont ete adoptes dans d’autres tribues, sa plus grande sœur a 20 ans, la plus petite en a 7. Il est en pensionat en 4eme et rentre chez lui le we et voudrait etre mecanicien. Nous laissons donc le chef et sa femme partir au Bingo du village (Non sans “avoir fait la coutume”. Ca sonne bien au debut mais concretement il s’agit de filer 500 francs en plus du diner et de la nuit….). Ivanohe, repond a nos questions, nous en pose et la discussion est finalement tres enrichissante. On apprend que dans le Bougna il y a de l’ignam, de la chritophine (Choucoute), de la citrouille, du manioc, et de la banane poingo, on apprend aussi que dans sa tribue, ils sont 300, qu’ils parlent de Fway, que pratiquement chaque tribue a son propre dialecte. Que les Kanaks votent Segolene Royal pour obtenir l’independence mais conserver les aides de la France en 2014, et pleins d’autres choses qui se retrouvent dans “la Nouvelle Caledonie en vrac”.
05/05/07
Voyage, voyage
Journee de voiture entre le Nord et le sud. Nous quittons Hienghene pour aller Yate (a l’extreme sud) en passant par Noumea pour ravitailler. Les paysages du sud sont tres rouges (a cause du Nickel) et s’articulent autour d’un enorme lac de 40 kilometres carres. Ce soir encore, il pleut mais notre emplacement de camping est muni d’un fare.
A cote de nous, la famille embrouille. Ils sont reste 24 heures et a aucun moment ils n’ont cesse de reprimander les 3 enfants, et de punir. Du jamais vu.
06/05/07
Aujourd’hui il faut voter!
Il fait un peu froid, le vent se leve. Nous marchons quelques kilometres sur l’ancienne route (desormais un tout petit chemin) des commercants de bois.
Milieu de journee il est temps de lever le camps. Nous passons par une autre piste qu’a l’allee. Un detour qui nous permet de voir l’usine et les alentours de la carriere de Nickel de Goro-Nickel, la grande boite Canadiene qui suscite tant de polemiques en deformant les paysages du sud. Sous la pluie avec le ciel gris fonce, l’usine presente une image surealiste d’un futur noir ou la vie sur terre ne serait plus qu’un lointain souvenir. Proche du decort de Runing Man. Aujourd’hui dimanche le parc de la riviere bleue est ferme, jusqu’a mardi matin. Tampis pour le parc. Heureusement en face il y a la reserve des bois du sud. A 30 kilometres du premier, village, seuls en plein milieu de la foret, nous intallons notre tente sous un Fare. Sandra prepare un feu du tonerre qui durera toute la soiree. Derniere nuit en exterieur sur la Grande Terre, nous nous endormons sur le gravier, berces par les chants des animaux et rapidement par les goutes de pluie qui ne pouvaient pas manquer a l’appel.
Du 07/05/07 au 10/05/07
Retour en ville dans l’auberge de jeunesse.
Passage chez le dentiste, chez l’orthodontiste, chez le docteur. Preparation d’un super diner pour changer des boites de sardines a l’huile de la semaine.
Le 08, journee repos, preparation de la Nouvelle-Zelande et cinema (l’illusioniste avec Edward Norton). Demain nous devions prendre le bateau a 6h00 du matin pour passer 4 jours sur l’ile des Pins........nous apprenons a 20h00 que le voyage est annule en raison de la mauvaise houlle.
Le 09, changement des billets d’avion. Noumea c’est bien, mais c’est pas grand, en ce moment il pleut et il n’y a pas des milliers de choses a faire. Finalement nous partirons a Auckland avec 3 jours d’avance.
Visite de la baie des citrons, une super plage en plein centre de Noumea et de Anse Vata (la plage des kites et des funboards)…..sous la pluie.
Le 10 By-by Noumea. On reviendra quand il fait beau!
Notre avion vole vers Sydney ou nous restons en transit pendant 5 heures. Le temps d’acheter un nouvel appareil photo. Cette fois ci nous le prenons waterproof. Le dexieme avion se pose a Auckland a 21h30. Bonjour N-Z !!
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