26 janvier 2007 Premiere chose a faire: retirer des baths a l'ATM de la ville (car il n'y en a pas ou peu au Laos). Ensuite, petit dejeuner dans la rue et enfin, check out a l'auberge. C'est donc le sac sur le dos que nous marchons vers la frontiere entre la Thailande et le Laos, frontiere qui n'est autre que la riviere du Mekong. Passage a la douane thaie pour faire tamponner notre passeport a la sortie du pays; embarquement sur une longue barque a moteur (6 passagers) pour traverser le Mekong; passage a la douane du Laos pour obtenir le visa et faire tamponner notre passeport lors de l'entree dans le pays. Ensuite, nous voulons changer nos baths (devise thaie) contre des kips (devise du Laos) au bureau de change du village...mais l'employee nous dit qu'elle n'a plus assez de kips pour echanger nos baths...ca commence bien. Tampis, nous echangerons les baths au prochain village (entretemps, nous pouvons payer en baths). Je me renseigne vite fait sur les bus qui vont a Luang Nam Tha (au nord) et on me dit qu'il y a un bus a 9h30 (deja parti) et un second a 11h00...et il est 10h30!!! On prend vite un taxi qui nous emmene a la gare des bus 5km plus loin. En effet, il n'y a que 2 bus par jour (en tout et pour tout) et lorsque nous voulons acheter 2 billets pour le bus de 11h00, la dame au guichet nous demande d'attendre 10minutes. En fait, comme nous n'allons pas au terminus du bus (mais a "seulement" 6 heures de route de Huay Xai...), elle prefere vendre les places restantes a des personnes qui vont plus loin (et paient donc plus cher). Il reste 4 places dans le bus...autant dire que nous avons peu de chance d'avoir 2 billets dans le bus d'aujourd'hui...On attent patiemment (oblige de rester calme dans ces pays d'Asie ou il n'est pas bienvenu de montrer ses sentiments). C'est seulement vers 11h15 que la guichetiere accepte de nous vendre 2 billets. Cool!!! on ne reste pas bloques une journee a la frontiere. On met la housse sur les sacs a dos qui rejoignent rapidement les bagages en tout genre des autres passagers (que des laossiens): 3 mobylettes, des enormes paquets, des cages avec des poulets vivants, des valises et autres sacs divers et varies. Tout ca se trouve sur le toit du bus, attache et recouvert d'une bache bleue...on comprendra pourquoi plus tard. On grimpe dans le bus a la recherche de 2 places libres...mais il n'y en a plus (j'ai du mal a garder mon sang froid...). Je n'ai pas tres envie de passer 6 heures debout dans le bus. Ce ne sera pas le cas puisque un des chauffeurs nous offre gracieusement un tabouret en plastique chacun. On s'installe donc dans l'allee, entre les rangees de sieges, bien coinces au milieu des autres passagers et de leurs paquets. Le bus demarre vers 11h30 et roule tout d'abord sur une belle route asphaltee tres recemment. Cela ne durera que qq kms, on passe tres vite sur une route en terre; la route A3 qui est actuellement en chantier. Et le chantier durera pendant les 190km qui nous separent de Luang Nam Tha. Donc, 6 heures passees en equilibre sur un tabouret dans un bus bonde roulant dans les travaux avec des tonnes de poussiere soulevee (d'ou la bache!!)...un vrai bonheur!!! mais ca nous permet de voir de beaux paysages et surtout de participer a un bout de chemin avec des laossiens qui sourient moins que les thailandais, mais semblent tout de meme sympas. Anecdotes rencontrees durant les 6 heures: 2 jeunes garcons restes sur le toit et qui descendent dans le bus par la fenetre quand le bus est en train de rouler; un des garcons qui reparent la boite de vitesse, puis le moteur alors que le chauffeur roule; des laossiens qui machent chewing gum sur chewing gum pour ne pas etre malades dans le bus; une dame malade pendant les 6 heures non-stop (malgre les Motilium que je lui donne); un stop de 30 minutes au milieu de nulle part pour manger une soupe; 50 personnes dans un bus de 40 places (...merci les tabourets en plastique); des tonnes de poussiere rentrant dans le bus par les portes / fenetres / moteur chaque fois que nous croisons un autre vehicule (generalement les camions de cet enorme chantier). Nous arrivons finalement a destination, a Luang Nam Tha, vers 17h00. Nous trouvons une guesthouse assez facilement (30.000kips ou 2.5euros la nuit). Ensuite, nous faisons un tout petit tour du village, dans la rue principale, ou nous rencontrons qq autres touristes en quete d'un trek... L'agence proposant des treks etant fermee qq jours pour le tournage d'un film, il semble difficile d'organiser qqchose cette semaine. On verra ca demain. Vers 19h00, diner au Banana Restaurant (sweet and sour pork, egg pad thai et fried vegetables). Retour a la guesthouse vers 21h00 pour la douche dans une salle de bain qui s'avere moins propre que ce que l'on a remarque tout a l'heure. Tampis pour ce soir, mais demain, on change d'endroit. 27 janvier 2007 Lever a 9h00. Passage a la banque du village pour changer nos baths (il y a une seule banque...avec 2 employes en tongue, en train de prendre le petit dejeuner sur le bureau en regardant la tele...trop drole!). Ensuite, check out a la guesthouse et demenagement dans une autre auberge (la Zuela Guesthouse, super propre celle-la). Mais le prix de la chambre est le double ... 60.000kips ou 5euros. Mais bon, c'est propre et joli. Bref, beaucoup plus agreable pour rester qq jours. Apres avoir depose nos sacs, petit dejeuner au Banana Restaurant et ensuite session internet jusque 12h30 pour moi et 13h30 pour Arno. Je l'attend dans un bar en buvant un cappuccino du coin (on ne se refuse rien !!!) et en ecrivant la journee d'hier. Il est maintenant presque 14h, nous allons nous couvrir et louer un scooter pour faire un tour dans les environs. Il ne fait pas beau, mais on a envie de bouger... La location du scooter coute aussi cher que la chambre (5 euros). On passe d'abord a l'office du tourisme (qui est toujours ferme) et ensuite, on part vers le nord de la ville pour aller voir des "waterfalls" (chutes d'eau) qui sont loin d'etre impressionnantes...mais bon, ca fait une promenade (sous la pluie). Apres, on suit une route qui est proposee par le plan de la region et qui passe au milieu des rizieres. C'est magnifique, meme sans soleil. Le ciel se reflete dans l'eau des rizieres: superbe! Plus loin, on prend une piste qui nous fera traverser quatre petits villages. Chaque fois, ce sont des dizaines de maisons en bambou surelevees et entourees de cultures (choux, hariots, carottes, pommes de terre, persil et courges de toutes les couleurs et de toutes formes). On rencontre qq laossiens; certains repondent a notre salut ("Sabadie") et a nos sourires...d'autres pas... ca change un peu de la Thailande! Mais ne generalisons pas trop vite. On s'arrete en chemin pour manger un petit bout dans une auberge au bord d'une riviere (le cadre est sympa, mais pas la nourriture...ca faisait longtemps que l'on avait si mal mange). Apres le lunch (il est 15h00), retour au village et repos a l'auberge. Avant la sieste, on a rencontre Vania et Erinda, 2 espagnols d'Ibiza, qui ont finalement trouve un trek de 2 jours a l'office du tourisme. Nous nous inscrivons aussi...le temps n'est pas super mais ce sera peut-etre mieux demain...on verra. De toutes facons, soit nous faisons un trek, soit nous descendons plus vers le sud. Nous dinons vers 19h30 a la guesthouse avec Vania, Erinda et Alex, un chinois qui se joint egalement au trek de 2 jours. Bon diner (salade d'aubergines et de porc pour moi; soupe de legumes pour Arno). Lecture et dodo pas trop tard car demain, il faut se lever tot pour faire les sacs, prendre le petit dej et se rendre a l'office du tourisme pour 9h30. 28/01/07 A 9h30, nous embarquons dans le Tuk-Tuk spécialement affrété qui doit nous emmener à 45 minutes de Luam Nam Tha. Apres un voyage plutôt frais, nous nous arrêtons sur le bord de la route. Une femme prés d’un feu, deux chiens et des enfants qui jouent peu plus loin. Nous sommes au point de départ. Nos trois guides ; Tom, Sikom et « A », vont s’occuper de nous pendant les 3 journées à venir. Le « nous » : Alex, Chinois du nord, 38 ans, ex-chirurgien entrain d’écrire un livre de médecine, Vanya, 23 ans, Allemand/Espagnol, travaille dans un hôtel de Lux et vit a Ibiza, Erinda, 20 ans Espagnole, travaille dans un restaurant et vit a Ibiza, nous deux. A 200 mètres de la route, nous traversons le premier village, constitue exclusivement de petites maisons en bois sur pilotis. Les pilotis des maisons sont pourvus de “chapeaux” ou garnis de feuilles de métal ou de cylindre de bambou. Simple décorations? Non, ce sont en fait des barrages destines à empêcher les rats de rentrer dans les maisons. Nous entamons ainsi la première journée de marche en nous enfonçant doucement (ca monte) mais progressivement dans la jungle. Par ci par la des bruits nous font sursauter. Il s’agit la plupart du temps de villageois en train de couper les bambous à la machette a la recherché de jeunes pousses pour le déjeuner. Les premiers kilomètres donnent le ton. De la montée bien raide et bien longue qui fait transpirer. Nous sommes rassures au bout d’une heure de marche lorsque le guide nous apprend que la suite n’es que plats et descentes. En fait nous sommes montes en haut d’une colline pour suivre les cimes des montagnes et rejoindre le prochain village qui est encaisse dans la prochaine vallée. Une fois le sommet rejoint, ca fait 2 heures que nous sommes parties et nous nous posons dans un “relais” de foret (Une petite hutte ouverte” dans laquelle Tom pose 4 feuilles de bananier au sol. Nous avons chacun un petit bol en bambou de riz collant et les plats sont disposes au sol sur les feuilles. Chacun se sert avec les mains. Des haricots, du chou-fleur au porc, de la sauce tomate au chili et des petites bananes peu sucrées, un délice. Impossible de finir le riz collant, seul le Chinois du groupe y parvient en 2 minutes. L’âpres midi est beaucoup plus calme au niveau de la marche, nous prenons le temps de photographier, d’observer les fleurs et les insectes et nous atteignons le village ou nous campons ce soir en milieu d’âpres midi. Ce village “Nalan“ accessible par les chemins de foret exclusivement, est une communauté Kamu qui rassemble 37 familles (170 personnes dont 60 enfants). L’école est composée de 5 classes dirigées par 2 professeurs. La doyenne du village a 98 ans. Cette communauté s’auto gère, un chef de village est élu tous les 3 ans, celui que nous rencontrons a 42 ans et il est en place depuis 20 ans (il doit bien gérer). Les produits alimentaires sont cultives dans le village ou cueillis dans la foret, l’alcool (Lao Lao, a base de riz) est distille sur place, il n’y a que la bière qui soit transportée de la ville jusqu’au village. On comprend l’augmentation de prix…..Les bénéfices viennent principalement des treks qui passent par ici (pas plus de 8 personnes par groupe) et seulement une hutte prés de la rivière pour loger les touristes. Chaque fois qu’un groupe passe, quelques personnes sont désignées pour faire à manger, préparer l’installation et servir les repas. A en croire notre cuisinière ce soir la c’est un vrai honneur de s’occuper des guests. L’argent qui provident du tourisme est reparti a travers les familles. Nous passons donc une bonne soirée prés du feu d’abord puis dans la hutte/cuisine ou nous goutons une salade de Rotin (Ratan), du poulet au curry (a la Chinoise, avec tous les petits os), des racines de citrouilles et bien sur du riz collant, le tout arrosé pour moi de beaucoup trop de Lao lao. Les Laossiens chantent et Alex le Chinois a du mal à tout contrôler. Nous discutons encore un bout de temps avec Vanya, les cochons nous tiennent compagnie autour des cendres encore chaudes. 29/01/07 D’âpres mes compagnons la nuit a été froide, de mon cote, le Lao lao m’a permis de dormir au chaud et de ne pas m’apercevoir par moment que je n’avais plus de couvertures……rien de nouveau sous le soleil….le petit mal de tête du lendemain sera ma punition! Le petit dej est aussi succulent que le diner d’hier. A base de ……(surprise)………riz collant……….omelette, citrouilles au sirop, nous apprenons que les mariages se font entre villages, ils essaient de nous convaincre que les mariages ne sont pas arranges. Le marie doit payer la famille de sa future femme. La cérémonie se fait dans le village de la femme et le couple reste la jusqu’a ce qu’il soit plus ou moins Independent pour ensuite aller s’installer définitivement dans le village de l’homme. Une bonne partie des jeunes poursuivent l’école par des études secondaires en ville. Donc ce village qui est très indépendant, limite en autarcie, est néanmoins plutôt bien éduqué. Apres une petite ballade dans le village avec Sandra, nous reprenons la route mais cette fois ci très nombreux. “Nous partîmes 500 mais par un prompt renfort, nous nous vîmes 3000 en arrivant au port”. En effet, tous les paysans du village ont pris la direction des bois en même temps que nous. C’est alors une parade, un defile de 40 personnes qui quitte le village à la queue leu-leu, tels les nains qui s’en vont à la mine. Tout le monde rit, chante, discute, notre cuisinière d’hier soir semble ne pas avoir pu arrêter son fou rire. Nous nous séparons au pont (un tronc en travers de la rivière) pour continuer notre chemin vers le prochain village à 1 heure de marche. C’est aussi une tribu Kamu de 12 maisons et 100 personnes. Nous ne faisons que traverser et continuons notre piste en logeant la rivière au milieu des montagnes, la brume qui se lève, le soleil qui perce, les bruits d’une forets qui se réveille, le spectacle est édifiant et chacun de nous, fascines, se prend les pieds dans les racines a plusieurs reprises. Pour déjeuner nous nous arrêtons dans le village d’une autre tribu, ou les femmes portent toutes une robe noire avec des motifs de couleur, des collants longs, blancs et des cheveux longs attaches en début de chignons et ou les hommes ont un pantalon bleu. Cette tribu fabrique des produits qu’elle vend au marche de la ville, notamment du papier de bambou. (La pate est etalee sur de grands panneaux de tissue pour mise à sécher au soleil, je décide d’en acheter une feuille (1m/1.5m) pour écrire les cartes du Laos…). Ce midi Alex distribue des clopes a tous les homes du village (comme d’habitude) et force ceux qui déclinent l’offre. Petit divergence de points de vue. Nous pensons qu’il ne faut pas obliger les gens à fumer (déjà distribuer les clopes a tour de bras, on ne trouve pas que ce soit très honorable pour un “médecin”) mais lui pense que nous n’avons pas notre mot à dire puisque nous ne sommes pas des Asiatiques et que “nous ne pouvons pas comprendre”. Le déjeuné qui suit est un peu trop “violent” a notre gout, les hommes qui shootent dans les chiots et qui leur donnent des coups de bâton sans retenue pour les écarter de la nourriture….nous sommes bien contents de retourner dans la nature pour marcher. Et on sera bien servis. Une grosse après midi sportive nous attend. Les bons dénivelés, dans une jungle bien plus ancienne qu’hier. Les arbres font plusieurs dizaines de mètres de haut et les rivières coulent de partout. Apres 3 bonnes heures de marche, nous entrons dans un dernier village prés de la route. Les dernières photos, nos guide nous offrent des petites sacoches en tissue fabriquées dans le village précédent. Nous n’aurons donc pas vu l’un des 11 tigres qui vivent en liberté dans ce parc national, ni un Cobra (pourtant nombreux) mais des plantes et de multiples insectes, sans compter les villages surprenants. Au final un trek bien plus intéressant que ce que nous attendions. Depuis la Thaïlande nous étions en pleine hésitation car nous ne voulions pas participer aux faux-treks faits de faux-vrais villages avec des guides importes et des directeurs d’agences étrangers, finalement nous sommes ravis d’avoir un peu attendu. Le soir de notre retour, nous passons une excellente soirée avec Vanya et Erinda (les 2 Espagnols d’Ibiza). |