Le desert, la ville bleue et son fort, Udaipur et son lac Pichola

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Inde - Bikaner - Jodhpur - Udaipur
de Arno et Sandra, le 18-12-2006

Le desert, la ville bleue et son fort, Udaipur et son lac Pichola

11 decembre 2006

Depart de Pushkar vers 8h30 apres avoir pris un « tchai » avec Sonu. Direction Bikaner a l’est de Pushkar. 4heures de route au programme. Juste avant Bikaner, stop de 30 minutes au « Rat Temple », un temple hindou dans lequel des centaines de rats sont nourris et en liberte...j’adore ;-)) Bref, c’est pieds nus que nous entrons dans le temple... apparemment, si un rat passe sur mon pied ou si je vois un rat blanc, la chance sera avec moi...bien evidemment, pas de rat blanc a l’horizon. Je vous avoue que je ne me suis pas trop approchee des rats... Arrivee a Bikaner vers 14h30 ; installation dans une auberge a 2km du centre ; reservation d’un safari dans le desert pour 2 jours ; visite du fort au nord de la ville ; ballade dans la vieille ville ou nous rencontrons un indien, Jeff, qui apprend le francais. Il y a des embouteillages partout, des klaxons dans tous les sens, difficile de discuter avec Jeff. Nous nous arretons donc dans une petiter echoppe pour boire un tchai. On passe 2 heures a discuter... avant de comprendre que Jeff est un guide qui essaye de nous faire visiter la vieille ville en echange d’argent. On refuse, on lui explique que l’on voulait juste discuter...et il est decu... et nous, encore plus. On pensait avoir rencontre un indien qui parlait avec nous sans un objectif pecunier en tete. On lui explique notre deception, il ne comprend pas. On s’en retourne, decus, vers l’auberge en rick-shaw. Diner a l’auberge ou nous rencontrons un couple de suisses (Sasha et Simone), une hollandaise (Wendy), un canadien (Bernie) et une suedoise (Eva qui a 60 ans et travaille dans le micro-credit). On discute la soiree des voyages de chacun et du safari de demain.


12 decembre 2006

Lever a 7h. « Jam toasts » pour le petit dejeuner a l’auberge. Depart en jeep vers 8h30. Six personnes dans la jeep et quatre personnes a l’arriere...on est de ceux-la et on se gele pendant 20 minutes (le temps de rejoindre l’endroit ou nous attendent les chameaux, qui sont en fait des dromadaires). Il y a 6 dromadaires (dont 3 avec remorque), 2 guides, 2 chameliers, 2 cuisiniers et 2 ???. Pour ce debut de safari, ce sont les 3 filles qui montent sur les dromadaires et les 3 garcons sur les remorques avec les sacs, la nourriture, l’eau et les indiens qui nous accompagnent. Notre « caravane » s’ebranle petit a petit vers le semi-desert ; les dernieres maisons et troupeaux disparaissent peu a peu et le silence nous enveloppe. Durant la matinee, nous rencontrons une dizaine d’antilopes et c’est tout !!! Ce semi-desert presente des dunes de sable et de rocailles, des epineux sans couleur, des brousailles et qq arbres de temps a autre. Ballade tres plaisante au rythme des dromadaires. Stop vers 11h15 et installation du « camp » pour le lunch. Les indiens installent la cuisine et preparent le dejeuner (tchai, chapati, pommes de terre et chou fleur). Dejeuner sur des couvertures a l’ombre de qq arbres. Ensuite, sieste jusque 14h. Pour l’apres-midi, j’accompagne Arno qui a decide de faire de la rando. On marche donc derriere la caravane a une allure plus que correcte jusque 16h30. On croise beaucoup d’enfants qui ont l’air contents de voir des etrangers. Ils nous lancent des « hello » et « pictures » ; comme partout en Inde, les enfants adorent qu’on les prenne en photos. Certains d’entre eux vont nous suivre pendant 30 minutes jusqu’au camp de nuit, au milieu de quelques dunes de sable. Tres bel endroit a l’ombre d’un vent qui est tres faible. Installation des chameaux (ils les « deshabillent » de leurs harnais et leur donnent a chacun un sac enorme de fourrage), installation de la cuisine (feu de bois, epluchage des legumes, preparation du the et des chapati), montage des tentes pour Wendy et le couple de suisses (on a decide de passer la nuit a la belle etoile, idem pour Bernie). Tres tres beau coucher de soleil (tres belles couleurs) ; diner sur les couvertures et observation des etoiles. Vers 19h30, tout le monde se couche (excepte les indiens qui sont accroupis en cercle autour d’un feu minuscule). Il n’y a pas de mot pour decrire la sensation d’etre couche dans le desert, face aux etoiles... et avec Cold Play dans les oreilles (j’ai monopolise l’ipod alors qu’Arno discute avec Bernie), c’est encore mieux !!! Je reste allongee, sans bouger, sans parler, pendant un long moment...quand je regarde ma montre, il est 21h30. Les 2 heures sont passees a la vitesse des nombreuses etoiles filantes que j’ai pu voir (une quinzaine minimum). Maintenant, j’espere ne pas avoir trop froid. Il devrait faire +/- 7 degres cette nuit. Avec le sac de couchage et la couverture que les indiens m’ont pretee, ca devrait passer. A chacun de mes reveils pendant cette nuit a l’exterieur, je cherche la petite ourse qui se deplace d’est en ouest... a moins que ce soient nous qui nous deplacons d’ouest en est... bref, la terre tourne quoi !!! Tres tres belle nuit !!! et reveil a l’aurore vers 6h30 avec le soleil. On assiste donc au lever du soleil en direct et tout le monde se met en route petit a petit. Petit dej avec « jam toasts » et tchai.


13 decembre 2006

Depart vers 9h (apres avoir range le camps et preparer les 6 dromadaires) ; passage dans un petit village a cote pour abreuver les dromadaires ; au revoir aux suisses, a Wendy et a Bernie qui continuent le safari pour un jour de plus et on se met en route. Deux dromadaires, un guide, un chamelier, un cuisinier et nous deux. On decide de marcher, plutot que de monter sur le dos des dromadaires ou sur la remorque... ca fera un peu de sport. Matinee calme durant laquelle on rencontre qq maisons en terre, generalement vides (les familles sont actuellement en ville, elles ne vivent dans le desert qu’au moment de la mousson, periode durant laquelle elles viennent cultiver les champs et faire pousser pommes de terre, haricots, pois, oignons, concombres, lentilles, ...). On rencontre egalement de temps en temps qq antilopes assez farouches, ainsi qu’un petit renard des sables. Vers 11h, je monte sur la remorque et je discute avec notre guide. Il a 21 ans, est guide depuis 3 ans. Il travaille 3 a 4 jours par semaine d’octobre a mars. Il fait des petits jobs le reste du temps. On s’arrete pour le lunch vers 11h45. Ils liberent les dromadaires de leurs harnais et preparent le dejeuner. On passe vraiment de tres bons moments dans le calme de ce desert de Thar. En plus, on est chouchoutes par les 3 indiens qui nous accompagnent. Apres le lunch, ils s’assoient un peu avec nous et discutent de leur boulot, de leur vie, ... interessant !!! On repart vers 14h30. Arno monte sur le dos du dromadaire, je continue sur la remorque a discuter avec Rustam. Pendant ce temps, le chamelier et le cuisinier font la sieste a tour de role. On voit de nouveau des habitations, qq personnes, des antilopes, un petit temple hindou et une carriere de sable utilise pour le ciment. Notre safari se termine vers 16h. Retour a Bikaner en bus avec Rustam. Bus bonde !!! des familles entieres avec enfants et sacs s’entassent comme ils peuvent. On se trouve une petite place pour les 30 km qui nous separent de Bikaner. Rustam nous accompagne jusqu’a l’auberge et nous emmene ensuite dans la vieille ville (visite d’un temple jain, du marche aux epices ou nous achetons du safran, du tea massala et de la cardamome, promenade dans les rues etroites de cette ville ou se cotoient habitants, vaches, chiens, rick-shaws et qq touristes). Vers 20h, diner dans un petit resto qui donne sur la rue. Ensuite, retour a l’auberge en risk-shaw vers 21h30. Ce soir, nous avons croise 2 mariages dans les rues de Bikaner (tres colore, bruyant, musique, danse, chants et feux d’artifice ponctuent l’evenement).

Rem 1 : generalement, devant les echoppes, il y a une grande casserole d’eau dans laquelle tout le monde peut venir se servir et boire avec le meme tasse... la technique : tenir la tasse a qq centimetres de la bouche afin de ne pas la toucher avec ses levres.

Rem 2 : le jainisme fut fonde au 6eme siecle avant J-C par Mahavisa, un contemporain de Bouddha, en reaction contre les castes et les rites de l’hindouisme. Les jains veulent atteindre la purete par le jeune et la meditation. La juste conduite est essentielle et le principe de non-violence, en pensee comme en acte, en est un des fondements.


14/12/2006

Toilette de chat au seau d’eau. Sandra n’est pas trop en forme au niveau du bide. Ercefluryl et hyper-levure pour commencer la journée. Le petit-déjeuner pour Arno est compose essentiellement des confiseries de Bikaner a base de caramel et de cacahuetes. Le « chef » de la guest-house qui laisse apparaître de fâcheuses tendances autoritaires façon tortionnaire mafieux des bas fonds des ghettos indiens (style 40 ans, bedonnant, le regard pas trop intelligent, qui porte un blaser dépareillé 24/24 pour jouer au « boss » et qui emploie un bataillon de petits rabatteurs espions afin de savoir a tous moments ou sont « ses » touristes, ce qu’ils mangent et chez qui ils font leurs courses) nous offre le cafe pour rattraper tous les dérapages (mensonges sur les prix, cuisine mauvaise, service indelicat….). Si vous etes a Bikaner N’ALLEZ PAS CHEZ VINO GUEST HOUSE contrairement a ce que Lonely recommande. Le voyage en voiture vers Jodhpur dure 5 heures, Sandra dort et je complète mes maigres connaissances photographiques en lisant le mode d’emploi de l’appareil (c’est fou tout ce qu’il sait faire…). Les relations avec le chauffeur sont assez glauques. Depuis qu’il a compris que nous n’irons pas dans ses restos et ses hôtels, il ne nous parle plus. Du coup, un voyage en bus aurait ete plus instructif. Nous nous contentons donc des prestations de chauffeur. Ce qui nous fait gagner pas mal de temps et de confort….pour plus tard on verra. A 10km de Jodhpur (la ville qui a donne son nom aux pantalons d’équitation larges aux cuisses et resserres aux mollets. Elle s’appelle également la Ville Bleue en raison de toutes ses maisons peintes en indigo, couleur d’origine des habitations brahmanes –les pretres hindous-), nous visitons les jardins de Mandore (ancienne capitale du Mawar –pays de la mort-) peuples de chimpanzés et de petits enfants qui font la manche en chantant « Frere Jacques » en jouant avec leur Vina (sorte de violon a cordes métalliques). Arrives au centre ville, la voiture ne peut pas avancer d’1 mètre sans toucher qqun ou qqchose tellement les rues sont engorgées. De la tour de l’horloge a notre hôtel nous mettons 5 minutes (200 mètres). Pour la première fois nous nous laissons guider par un gars faisant de la pub devant son hôtel. Bonne surprise, la chambre ne coûte que 125 Rs (2 Eur et des poussières), elle est très bien et la terrasse est superbement aménagée avec matelas, coussins et tables basses…..Bingo. Nous filons décommander la chambre que nous avions bookee précédemment et direction le fort de Jodhpur qui surplombe majestueusement la ville. A l’entrée, il ne nous reste malheureusement qu’une heure et demi, ce qui ne nous laisse guere le temps de le visiter confortablement. Nous rebroussons donc chemin en décidant de remettre cette visite a demain et de consacrer le reste de l’après midi au mausolée « Jaswant Thada » qui se situe a 1km de la, a un lassi au Safran près de la tour de l’horloge et a une tentative infructueuse d’obtention de billets de train vers Mumbai. La plus petite liste d’attente ne compte pas moins de 200 personnes.
A notre sortie du fort, surprise !!!! Deux visages souriants et connus : Gwen et Renaud de l’ESSCA. Ca fait pas mal d’années que nous ne nous sommes pas vus et les retrouvailles sont encore plus surprenantes dans ce contexte. Nous profitons donc de notre soiree en commum a Jodhpur pour se retrouver autour d’un Thali et de quelques bieres (c’est fete ce soir !). Gwen et Renaud achevent leur huitieme mois de voyage, ils tournent d’est en ouest et leur periple se termine dans quelques jours a Dehli. (Si vous lisez ces lignes : Bon courage pour la reprise, on est super contents de vous avoir croises en chemin)


15 decembre 2006

Lever a 7h. Petit dej...cornflakes au lait chaud... pas top !! Depart pour la visite du fort de Jodhpur. Petite grimpette de 10 minutes pour arriver a l’entree du fort, 250 roupies par personne (audio guide en francais inclus) et visite de ce fort magnifique. Deux heures passees a ecouter les commentaires tres interessants et a deambuler dans les differentes cours et pieces du fort. On termine la visite par une ballade sur les remparts ; la vue sur la ville est splendide et son surnom de « ville bleue » se justifie clairement. En effet, une majorite de maisons dans la vieille ville sont peintes en bleu (anciennement, les maisons des brahmanes, les pretres hindous). Et, vu du haut, c’est super beau !!! Descente dans la vieille ville vers 11h30 ou l’on recupere nos sacs, la voiture et Sonu. Depart pour Udaipur vers midi. Apres avoir pese le pour et le contre, on decide de se separer de Sonu et de la voiture de location un peu a l’avance (a partir de ce soir) et de continuer notre petit tour en Inde en empruntant les transports locaux (bus et/ou train). On appelle donc le responsable de la boite de location qui accepte la reduction du contrat de 20 jours a 15 jours. On quitte donc Sonu lors de l’arrivee a Udaipur ; contents de sa conduite durant les 2 semaines passees ensembles, nous lui laissons un pourboire que nous jugeons raisonnable...mais ce n’est pas son avis...dommage, on se quitte donc un peu bizarrement... Une fois de plus, on a l’impression de devoir jouer la banque et a chaque fois, c’est decevant !! Bref, on est a Udaipur et on n’a rien reserve et il est 18h30 et il fait nuit !! On se dirige donc vers une auberge un peu a l’ecart du centre (et donc plus calme) trouvee dans le Lonely ; malheureusement, la porte est close et il n’y a personne. En se dirigeant vers le centre de la vieille ville, on trouve une autre auberge et une chambre avec sdb pour 150 roupies (ou 3 euros). OK, on la prend. Ce soir, diner en terrasse sur le toit d’un hotel avec vue sur le lac Pichola et avec le James Bond « Octopussy » a la tele (film tourne a Udaipur). C’est marrant, comme le film a ete tourne ici, tous les restos le diffusent tous les soirs a 19h... bref, si on veut, on peut voir le meme James Bond tous les soirs en dinant. Bon resto ou je peux enfin manger de la viande (du poulet)... pour quelqu’un qui adore la viande comme moi, l’Inde, ce n’est pas facile... La majorite des gens sont vegetariens, et idem dans les restaurants. En plus, ils ne boivent pas d’alcool et donc, galere pour trouver une petite biere... et quand on en trouve, c’est assez cher. Pour vous donner une idee, on paie 50 roupies pour un repas et 100 roupies pour une biere. Autant vous dire qu’on n’a pas bu beaucoup de bieres depuis notre arrivee en Inde.


16/12/2006

Première journée de “vraie” liberté (sans voiture). Ce matin nous profitons du toit terrasse de notre hôtel pour un super petit dej a 10h00 en plein soleil avec une vue imprenable sur le lac, les gaths et les battisses d’Udaipur. Apres les succulents corn flakes/curd, banana, chai et Indian milk coffee, nous nous rendons a la gare pour dénicher si possible un billet vers Mumbai. Tache qui nous semble difficile a l’avance vu notre échec à Jodhpur. Il nous reste un soupçon d’enthousiasme puisque ce matin, le gars de notre hôtel nous a indique une autre ville non loin de Mandu, par laquelle plusieurs trains passent et se rendent a Mumbai. L’épisode de la Gare vaut le coup d’être vécu. 5 guichets “normaux” et un guichet pour les militaires, les seniors, les femmes enceintes, les handicapes, les extra terrestres, les vaches et ……les foreign tourists (la dernière des castes après les “intouchables” semble-t-il. Nous connaissons par avance les coordonnées de notre train, les dates, les numéros etc.…..(n’espérez pas obtenir d’infos au guichet, ils ne prennent que les commandes et ne repondent pas a vos questions. Si vous insistez, c’est la foule qui s’amasse derrière vous qui se charge de vous expulser. Bref, nous avons appris tout ça à Jodhpur et la même scène se presente à nos yeux. Nous nous sentons forts de toutes ces connaissances et entrons donc dans la mêlée avec grande confiance. Apres le premier quart d’heure d’attente, nous atteignons le guichet non sans continuer de nous debarrasser des bras qui essaient encore de faire passer leurs bons de commandes avant les notres. (Tout le monde double tout le monde, c’est tres physique mais pas agressif !). Nous tendons notre bon de commande pour que le guichetier le saisisse, au lieu de cela, il nous informe qu’il ne peut pas enregistrer une demande pour “foreign tourists quota” alors que nous sommes pourtant bien au guichet pour “foreign tourists”. Il nous invite a joindre une autre file (ou plutôt un autre tas), ce que nous faisons par la force des choses et surtout de nos voisins de derrière. La deuxième attente prend un peu plus de vingt minutes et arrives au guichet, l’agent nous indique “fermement” qu’il ne peut pas non plus enregistrer les “foreign tourists quotas” et nous invite a nous placer en queue de la file voisine. Nous ne comprenons rien mais nous savons nous adapter alors nous commençons a être très fermes nous aussi et face a cette détermination, le guichetier, donne lui même notre bon de commande a son voisin, ce qui nous propulse en tête de la file voisine. Nous prions maintenant pour qu’il y ait encore de la place dans le train et après 2 minutes d’angoisse, la réponse est positive et le prix plus que raisonnable. Nous avons deux couchettes (dont une en haut : ce qui est souhaitable vu que celle du milieu est rangée pendant la journée et que celle du bas sert de banc publique) pour un total de 572 Rs -10 Eur-). Première réussite de la journée ; un gros fardeau décharge. Nous marchons vers l’office du tourisme, plus pour nous promener que pour prendre des infos (les cartes “sans échelle” porte bien son nom), nous prenons ensuite le temps de pratiquer notre activité favorite (se perdre dans la ville). Nous nous posons dans un café de rue pour reprendre nos esprits et se mettre à la place de tous ces Indiens qui nous regardent depuis le trottoir toute la journée. Ce n’est pas désagréable, nous regardons ce qui se passe dans la rue, les vêtements des gens et les allées et venues des animaux et des véhicules de toutes sortes en sirotant un tchai et en grignotant un samosa et un katchouri….Il nous reste plein de temps devant nous et nous choisissons de la faire lente alors nous marchons jusqu’au sunset point, en haut d’une petit colline dans un jardin publique a 5 Rs l’entrée. La vue est magnifique, le soleil encore bien haut alors nous nous posons, prenons des photos et écrivons notre carnet. Aujourd’hui c’est très calme. La plus belle journée possible pour faire passer quelques tristes nouvelles des derniers jours. Pour la soirée, Sandra m’a fait une surprise. Non pas que je sois un Patrick Dupont cache mais depuis que nous sommes en Inde je voulais voir un spectacle de danse, parfait il y en a un ce soir. Il a duré 1 heure, nous avons vu 5 scènes (danse du Gujarat, danse des clochettes, danse des paysannes, danse des marionnettes, danse de la femme du desert qui va chercher de l’eau avec plusieurs jarres sur la tête…). C’est nullement (de manière nulle) dit mais le spectacle était super, la musique et les lumières également.


17/12/2006

This morning, we walk ! D’abord pour traverser la ville et se perdre (une fois de plus une fois de moins…), nous passons par les Gaths ou les gens donnent a manger aux nombreux poissons, jettent leurs détritus en passant, se lavent (les femmes d’un cote les hommes de l’autre), font leur lessive…..spectacle intéressant que nous avons déjà eu l’occasion d’observer a plusieurs reprises et qui nous fascine toujours autant. Nous continuons donc notre chemin qui est censé nous guider en haut de la Monsoon hill (ou colline de la Mousson), jusqu’au palace a 8km et 200 mètres de dénivelé de la ou nous sommes. Une fois la bonne route sous nos pieds, il ne reste qu’à marcher et à dire bonjour a TOUT le monde (sacre exercice de respiration). Parfois comme lors du tour de France, nous avons des supporters (de 5 ans) qui nous courent après pendant 20 mètres. A mi chemin nous payons (il y a toujours un type qui sort de nulle part pour vous faire payer qq chose) notre droit d’entrée dans le parc national dans lequel se trouve la colline et dans lequel nous ne voyons qu’une biche a l’entrée et quelques singes sur la route). Au bout de 2h30 nous sommes en haut, la vue est très jolie, le soleil tape, le palace est en ruine! Le retour ne prend que 2h00 et 500 Rs (nous nous achetons notre premier “cadeau” depuis le départ: une miniature (peinture) Rajasthanie). De retour a l’hôtel, la petite sieste s’impose et le début de soirée se déroule dans 2 magasins de pacheminas ou nous apprenons un tas de choses sur le sujet que nous ne n’imaginions pas si complexe…Pour dîner nous avons choisi une petit resto sympa sur l’herbe sauf que la nuit sur l’herbe il fait froid et vous avez l’impression que l’humidité vous passe sous les vêtements pour vous frigorifier encore plus. Nous surmontons l’épreuve en pensant a notre sortie de ce soir : Le Ciné !!!!
Le nom du cinéma : Picture Palace, le nom du film : Vivah, l’heure de la séance : 21h30.
Sur le parvis se trouvent les guichets, 4 en tout dont 1 reserve aux femmes. Une gendarmette fais le guet pour s’assurer que personne ne double personne ce qui reste une utopie en Inde. Rideau de fer a l’entrée en haut des marches. Les spectateurs sont très majoritairement des hommes (rigolo pour un film à l’eau de rose). Le siège au rez de chaussée est a 19Rs (35 cents d’Euros) et au balcon a 25Rs. La salle ressemble à une usine desaffectee qui aurait servi au tournage des scènes de torture dans 24heures chrono, ou a un garage de locomotives de la seconde guerre, jonchee de ventilateurs intimidants sur les flancs. Les sièges sont bas, déglingues, faits de tiges de métal et de ressorts, recouverts d’un simili-cuir fonce. Un siège sur 4 ne fonctionne pas, le sol est froid, austère et parsemé de petits détritus. Les pubs sont encore plus exceptionnelles que les pubs luxembourgeoises, entre chaque, le certificat de diffusion s’affiche (nombre de diffusions, date, et signature du chef…).Au plafond, des néons blancs livides qui confèrent au hangard un joli teint glauque. Un « surveillant » se ballade dans les rangs, les gens discutent fort et d’un coup le film démarre. Un film tragico-comique sur l’histoire d’un mariage arrange indien (mais qui fait plaisir a tout le monde) entre 2 familles (qui se baladent en Mercedes) et dont les enfants sont exceptionnellement beaux, intelligents et bien habilles…. L’Inde véritable avec ses craintes et ses souffrances en somme. Pendant les 5 premières minutes du film les néons restent allumes et lorsqu’ils s’éteignent, ils sont remplaces par la lampe torche du gardien qui nous éclaire en plein dans les yeux afin de faire comprendre que c’est lui le « patron » et qu’il n’y a pas intérêt de trop bouger. Il passe 3 ou 4 fois durant la première heure. Très vite le film prend du rythme, les blagues fusent et les situations comiques s’enchaînent, nous replongeant a la vitesse de la lumière dans les célèbres « Maggy », « Marc et Sophie », « Les filles d’a cote », « Benny Hill », « Sheriff fait moi peur » et autres « Madame est servie »…..la musique va crescendo jusqu'à faire exploser les tympans (même mon voisin indien se bouche les oreilles) et les gens rentrent littéralement dans le film a gros coup d’explosion de rires, de commentaires encourageants (destines a stimuler les acteurs) et de sifflets pour accompagner les scènes « romantiques » dans lesquelles on voit parfois l’index du héros passer a moins de 50 cm de la photo en noir et blanc de sa promise ! Le film est en Hindi. Malgre tout, nous comprenons bien et prêtons l’oreille afin de ne rien manquer des dialogues ni de la conversation de notre voisin de derrière qui semble être en train de raconter l’histoire a un ami qui serrait reste a l’extérieur. Déjà 1h30 que l’ « intrigue » avance et il est grand temps de rallumer les jolis néons pour aller boire un pepsi et pour ne pas rater l’occasion de visiter les toilettes qui mériteraient a elles seules de faire l’objet d’un film de 3 heures et sur lesquelles nous préférons ne pas nous attarder aujourd’hui. Pendant l’entracte, le rideau de fer de l’entrée est cadenasse pour être certains que personne ne rentre et en même temps que personne ne sorte (en cas d’incendie par ex…). Sans clochette, ni signe de lumière, le film reprend aussi brusquement qu’il s’était arrête. Le gardien ne passe plus dans les rangs et les 2 insignes lumineux de 1 mètre de large, disposés de part et d’autre de l’écran semblent inciter plus que prévenir les fumeurs de fumer. La seconde « mi-temps » est beaucoup plus grave puisqu’elle regroupe à elle seule, les difficultés du jeune pour accéder à la réussite sociale, la désapprobation virulente de la maman, l’accident presque mortel duquel la future épouse réchappe de justesse et bien sur, l’union ultime. On sent que l’assemblée est vraiment profondément concernee (nous avec) et le pote de notre voisin sans doute aussi puisqu’il continue de recevoir les informations en temps réel par téléphone. Bien sur personne ne meurt à la fin, tout se passe bien et vers minuit et demi au bout de 3 heures de film, nous ne pouvons plus résister dans l’attente de la scène « DU » bisou. Comme tout bon film Bollywoodien d’intrigue amoureuse, le fondu enchaine final va un peu trop vite et juste avant l’écran noir, les lèvres du héros sont encore a 2 centimètres de celles de la mariée, nous privant du bisou mais laissant le suspens a son comble……vivement la suite !
Nous sommes ravis d’avoir pu voir ce film ou la beauté des costumes est inversement proportionnelle a la qualité des images. Si vous passez en Inde un de ces 4, n’hésitez pas, c’est une rare occasion d’assister à 2 spectacles en même temps.


18/12/2006

Journée tranquille. Dernier jour a Udaipur que nous aimons beaucoup. Nous ne regrettons pas pour autant d’être passe (plus ou moins volontairement) a cote du City Palace. Ce soir, nous prenons le bus. Suite a la « nocturne » d’hier au cinéma, nous entendons le réveil retentir a 09h00, le temps de boucler les sacs, nous faisons le check-out a 10h00. La matinée est donc réservée au toit terrasse et au petit-déjeuner. Nous sortons vers midi a la recherche du cyber café a 15Rs que nous trouvons difficilement après avoir recroise Paul et Anna, les New-Zelandais que nous avons rencontres au Shekawati et retrouves a Jodhpur. Une paire d’heures sur internet pour mettre le Blog a jour. Sans doute un chouette resto ce soir et nous serons en route vers Bundi.

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