Descente vers le sud de la Chine

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Chine - Datong, Pingyao, Xi'an
de Sandra et Arno, le 14-11-2006

Descente vers le sud de la Chine

12 novembre 2006

Ce matin, on fait les sacs que l’on descend a la reception de l’auberge pour la journee (car ce soir, on quitte Xi’an). Zut, les velos de la reception de l’auberge sont deja loues et impossible de trouver un loueur dans la rue. Ici les velos sont moins nombreux qu’a Beijing. Vers 10h30, on prend le bus pour se rendre au Musee d’Histoire du Shaanxi (province dans laquelle est situe Xi’an ou nous sommes depuis avant hier). Apparemment, c’est un des plus beaux musees de Chine qui retrace par des objets l’histoire de cette province de la prehistoire jusqu’au debut du 20eme siecle en passant par l’epoque des differentes dynasties. On se ballade dans ce beau musee jusque 14h. Ensuite, dejeuner dans un KFC (on evite encore les echoppes de rue… on attend que l’estomac d’Arno soit vraiment d’aplomb) et retour en bus a l’auberge en passant par un bookstore. On aimerait s’acheter de la lecture en anglais ou en francais… mais après de nombreuses recherches et l’appel a un vendeur, on ne trouve rien d’autre que les dictionnaires chinois-francais et chinois-anglais… De retour a l’auberge, on profite des 3 heures restant avant de prendre le train pour ecrire qq cartes postales, le journal de bord et surfer sur internet. Ce soir a 20h18, on prend le train pour Guilin en couchette dure (28h de train…) et après-demain, on pourra dire qu’on est vraiment dans le sud de la Chine.

 
11 novembre 2006

Ce matin, petit dej dans la chambre (biscuits style Sultana aux raisins et compote Andros denichee hier au supermarche). La bonne nouvelle, Arno a recommence a manger depuis hier soir (pas trop, mais au moins il reprend petit a petit des forces). Vers 9h, on prend le bus 611 (1yuan) qui nous emmene a la gare et de la, on prend le bus 306 (7yuan) qui nous emmene a +/-30km a l’est de la ville, ou se trouve le musee des guerriers et des chevaux en terre cuite de Qin Shi Huang. Ce site est recent et vient de la decouverte faite en 1974 par des fermiers creusant un puits. Ceux-ci ont trouve des “poteries” dans le sol. En creusant un peu plus et en fouillant, les specialistes ont decouvert un site enorme vieux de 2000 ans se composant de 3 fosses. Dans chacune de ces fosses, des soldats et des chevaux en terre cuite (respectivement la, 7000 et 2000) et a taille humaine, avec des armes et des chariots, disposes en formation de combat sur un sol en briques grises. Un toit de bois (qui a bien sur disparu) les recouvrait. Cette armee en terre cuite a ete disposee de la sorte il y a 2000 ans pour proteger l’empereur Qin de l’epoque (a savoir Qin Shi Huang; ou en tout cas son tombeau qui se trouve a qq kms du site. C’est lui qui a commence l’unification de la Grande Muraille et qui a confere une monnaie et une ecriture unique a la Chine). Ce musee est impressionnant par sa grandeur et le nombre de soldats en terre cuite sortis de terre et reconstitues (en general, ils etaient en morceaux lorsqu’ils ont ete decouverts). Seul bemol de la visite: le nombre de touristes…chinois (ok on est samedi… mauvais choix de jour pour la visite de ce qu’ils sont fiers d’appeler la 8eme merveille du monde). On quitte le site vers 15h et on reprend le bus vers Xi’an. On decide alors de se ballader un peu dans une des rues pres de l’auberge (a la recherche d’un internet café), mais c’est la folie!!! Il y a un monde comme on en a rarement vu. On a un petit creux, il est 16h30, on decide de se faire notre premier MacDo du voyage (Pareil que chez nous a l’exception pres qu’ici les plateaux ne se debarrassent pas a la fin du repas, une hotesse le fait pour vous). Les McDo sont comme les KFC, quoique moins nombreux, ils ont tous la dimension du hall de la Gare de l’est. On rentre deposer nos sacs a l’auberge. Repos pendant 1 heure et ensuite, on decide d’aller se promener dans le quartier musulman de la ville… trop marrant le changement de style par rapport au reste de la ville. Que ce soit au niveau de la nourriture offerte dans les echoppes (beaucoup de fruits secs, des petits gateaux de semoule a la vapeur, des noix et des marrons chauds, des brochettes par millliers y compris de poulpe et aussi de petites pommes caramelisees, des oeufs durs qui restent dans du vinaigre tiede toute la journee,  et des stands de viande qui nous rappellent vaguement la Mongolie), au niveau des gens (petit chapeau blanc et barbe pour les hommes, foulard sur la tete pour les dames), au niveau des echoppes de souvenirs (negociation tres tres ferme de mise), … On a passé un bon moment a se ballader et a essayer de deviner ce que la nourriture proposee peut bien etre…souvent tres difficile a determiner… Compte tenu des problemes de sante d’Arno cette derniere semaine, on ne s’aventure pas trop a goute ces specialites musulmanes/chinoises.

 
10 novembre 2006

Reveil de bon matin comme souvent dans les trains couchettes. De la couchette du haut on observe l’agitation. Sandra a passe la nuit avec notre sac le plus precieux (billets d’avion, argent et papiers). Un joli concerto de crachats nous aide a ouvrir les yeux. A la sortie du train, comme d’habitude nos tetes, nos sacs, notre peau et nos vetements de gros touristes nous conferent le droit d’avoir pour nous tous seuls un superbe comite d’acceuil qui sait se faire entendre. Compose de chauffeurs de taxis, d’agences de voyages, de vendeurs ambulants, d’hebergeurs et de rabateurs payes a la commission, on a presque envie de se prendre pour Jacques Chirac lorsque la porte de l’avion presidentiel s’ouvre sur le tarmac ou de preparer un bon stylo pour distribuer des autographes….bref maintenant on connait le scenario et ca nous fait plutot rire. La responsable de la Guest House que nous avons reservee nous precipite vers les bus pour aller a l’hotel. Nous, nous avons besoin d’un peu de temps pour acheter des billets de train pour la suite du voyage. La jeune femme nous fait tres explicitement comprendre qu’il est strictement impossible d’obtenir des billets de train plus de 2 jours a l’avance et qu’il faut revenir la veille du depart bla bla bla…..nous laissons filer les conseils et Sandra qui a appris a ecrire Chinois pour l’occasion revient 5 minutes plus tard en possession des billets pour Guillin (350 Yuans par pers). Fortiche Sandra, elle a par la meme occasion reussi a faire taire un peu la conseillere agressive de l’auberge. (Morale de ces 15 premiers jours, quoique l’on fasse nous serons toujours consideres ici comme des touristes “vache a lait” et mieux vaut se fier a ses propres experiences que de suivre les conseils souvent mal avises). Nous prenons donc la direction de l’auberge en compagnie de la troupe de “mini-punks” avec qui nous avons fait le voyage depuis Pingyao. Apres maintenant 108 heures avec 1 bol de riz, 1 yaourt et 3 crackers, je sens que les medicaments de Claire fonctionnent et je pense que je vais tenter un yaourt et un oreo (petit cookie fourre) au petit dej. Si ca va bien, plus tard je ferai une folie, je prendrai une banane. Donc petite sieste a l’hotel, douche, mise en charge de l’ipod, lessive et depart pour la visite de la Pagode de la grande oie sauvage par le bus 606 a 2 Yuans (le bus coute 1 yuan si on fait moins de 6 arrets). Les parcs et jardins sont magnifiques et dementiellement geants. Il y a aussi beaucoup de monde, il regne une ambiance de trocadero un dimanche apres midi. Dans le temple de cette Pagode, 50 moines bouddhiques sont encore en activite, ils sont drapes dans des tuniques jaunes or et portent aux pieds des petits mocassins jaunes or qui ressemblent un peu aux chaussons de balerines. A l’interieur du musee tout est ecrit en Chinois dommage…En resortant, on peut observer loin dans le ciel quelques cerf-volants alors on prend notre temps (comme depuis quelques jours, je suis contraint de m’arreter tous les 200 metres par fatigue). Ici, les poses sont plus fatigantes qu’ailleurs, en raison d’un nombre effrayant de mendiants entreprenants…..la marche reprend donc jusqu’au bus 606. Au retour a la “Bell Tower” nous profitons de l’excellent emplacement de notre auberge pour aller se promerner dans les “Galeries Lafayette” locales (6 etages et 2 sous sols). Ce soir diner a l’hotel pour Sandra, j’accompagne avec des nouilles deshydratees, premier diner depuis 4 jours….victoire.

 
09 novembre 2006

Arno ne va toujours pas beaucoup mieux. Il decide donc de stopper les medicaments qui n’ameliorent de toute facon pas les choses depuis 3 jours. Petit dejeuner a l’auberge: pancake a la banane et yaourt pour moi; riz+yaourt pour Arno. Ensuite, on fait nos sacs et on part visiter la Rixinzhong Draft Bank (1838-1861) centre financier de la Chine a cette epoque. Au cours de notre visite, nous assistons a une scene pour le moins desabusante (je ne sais pas si ca se dit mais c’est le sentiment), une petite guichetiere profite du peu de monde dans le musee pour fermer les portes alors que nous sommes a l’interieur. Se croyant seule, elle ouvre le cadenas de la boite des donations et enrichit sa poche de quelques billets avant de refermer !!! drole d’image!. Il y a quatre parties dans ce musee qui se ressemblent un peu toutes. Personnellement, j’ai l’impression de visiter des endroits remplis de mobilier ancient depuis 2 jours et j’en ai un peu marre… Dans la rue il ya beaucoup d’etalages de fruits secs, et des fabriques de mocassins et tissus que tout le monde porte ici. Au cours de notre ballade on entend par 2 fois la reprise de “Nouma Nouma Ye” d’Ozone mais en Chinois et lorsque nous nous arretons pour ecrire, discuter, lire, les gens n’hesitent pas a se poser a 10cm de nos epaules et a s’interesser a nos occupations sans se cacher. Arno doit rentrer a l’auberge car il est fatigue (apres 2 heures de visite quand meme). On rentre donc par qq ruelles bien typiques et sympas. A l’auberge, on rencontre Paul et Claire, 2 anglais, qui finissent un voyage de 7 mois après avoir passé 1 an et demi en Nouvelle Zelande et en Australie ou ils ont un peu bosse. Ils nous ont donne qq tres bons plans pour l’Inde, la Thailande et les Philippines …ou on ne passe normalement pas, mais on ne sait jamais, on pourrait changer les plans. On va voir ce que coute le vol et on decidera ensuite. Petit diner rapide pour moi a l’auberge (Arno ne peut toujours pas manger) et a 18h50, une moto-taxi vient nous chercher pour nous emmener a la gare. Le train pour Xi’an part a 19h41. Ce n’est pas trop la foule a la gare car le train part de Taiyuan (et donc la majorite des passagers sont deja dans le train). On a de nouveau pris les couchettes dures car on passé la nuit dans le train. On devrait arriver a Xi’an vers 7h30 demain matin. Je commence vraiment a m’inquieter pour Arno. Demain en arrivant, on cherche tout de suite un hotel (j’ai deja 3 adresses en tete). Ensuite, on preparera le programme des prochains jours selon l’etat de sante. On s’endort sur “Douce nuit Sainte nuit”. - Information de grande importance : Claire que nous avons rencontree a l’auberge est infirmiere, elle etait munie de medicaments contre les bacteries des intestins puisque Paul avait ete malade quelques temps auparavant. Grace a cette rencontre exceptionelle j’ai maintenant a disposition, des cachets antibiotiques contre les bacteries et une solution de rehydratation suite aux difficiles journees que je viens de passer et qui me laissent sur les genoux.) -

 
08 novembre 2006

Aujourd’hui c’est decide, impossible d’avaler quoique ce soit mais impossible non plus de rester couche. Une tentative de visite s’impose. Nous decidons donc de tenter une sortie prudente a quelques pas de l’auberge. Direction la porte sud des remparts et le guichet des visites. Depuis que Pingyao a ete ouverte au public il y a quelques annees de cela, un systeme de billeterie unique a ete mis en place. Si vous souhaitez visiter la ville il vous faudra vous munir du passe qui donne acces a tous les musees, batiments et expositions. Le billet n’est valable qu’un jour et une extention peut etre demandee pour une journee supplementaire. Le prix augmente plus vite que celui du Baril. Il est passe de 85 Y il y a 2 ans a 120 aujourd’hui!!! Inutile de preciser que la ville s’est aussi litteralement transformee en fonction du tourisme. La ville est un chantier permanent ou les batiments sont detruits, en prenant soin de conserver les facades pour construire des magasins de souvenirs….

Au son des petarades de feux d’artifice (on ne connait toujours pas la raison mais notre sejour a Pingyao a ete accompagne de feux d’artifice reguliers), nous visitons donc le temple de Confucius, superbe palais, beaucoup plus sobre que tous les temples bouddhiques que nous avons visites jusque la. Le retour a l’hotel se fait pressant, mes jambes ne tiennent plus et le souffle me manque. Encore une bonne apres midi au lit m’attend. L’occasion d’ecrire 2 lignes sur ceux que nous croisons tous les jours, les voyageurs. Tres sommairement, je ne m’aventure dans aucun texte de jugement mais un simple petit apercu des differents profils que nous avons rencontres jusque la. La premiere caracteristque qui differencie le voyageur du sedentaire est le cheveu (pour ceux qui en ont bien sur). Gras, il est parfois cache sous des bonnets, casquettes, voiles, ce qui n’arrange pas les choses. Un certain nombre decide egalement de laisser venir les rastas (ces derniers temps on en croise pas mal). Il y a les piercings, tres frequents chez les 20-25 ans, un peu moins apres. L’age du voyageur se situe dans les 25 ans ou un peu moins avec des ecarts entre 18 ans et 75 ans donc pas de regle. On croise des familles, des potes, des couples et des groupes, des solitaires aussi, qui sont hyper sociables ou qui au contraire restent un peu a l’ecart. Ca n’est pas vrai pour tous mais on observe chez certain, un attachement a la culture du sale et de sa revendication comme par exemple cet australien alcoolique de 25 ans qui se ballade pieds nus toute la journee meme pour aller aux toillettes communes de l’auberge. Il y a ceux qui veulent tout voir tres vite, il y a aussi ceux qui prennent leur temps et qui ne pretent que tres peu d’attention aux visites culturelles preferant “vivre” les endroits, il y a ceux qui viennent chercher des idees, ceux qui sont en vacances, ceux qui ont un projet, ceux qui sont en transfert et ceux qui vivent dans le pays pendant quelques temps….. le monde du voyage a sa propre population de gens qui sont partis de chez eux. La difference avec les gens que l’on rencontre en France, en Belgique ou au Lux c’est qu’ici tout le monde est en mouvement et que des le depart, la relation a forcement une duree tres limitee.

 
07 novembre 2006

La nuit se passe relativement bien pour Arno et a 5h du matin, debout. On arrive a Taiyuan a 5h30. A la sortie de la gare, on se fait (violamment) happer par des chauffeurs de taxi et de mini-bus pour nous emmener a Pingyao. Apres de nombreuses negociations, on se retrouve dans un mini-bus avec les 3 canadiens et 4 des personnes de l’excursion d’hier. On paie le mini-bus 30 yuans par personne. Les routes sont surprenantes ici. Celle que nous empruntons ce matin est un 2x2 voies sans delimitation du milieu et sans trottoir si bien que la route (droite sur plusieurs dizaines de km) sert de voie de bus, d’autoroute, de chantier, de trottoir, de marche ambulant, de garage, de place de reunion, de “betailliere”, bref elle a beau etre droite comme un huissier de justice, elle n’en est pas moins riche et surprenante. Arrivee a Pingyao vers 9h le matin ou on a reserve une chambre dans une auberge (Harmony Hostel, vivement conseillee). On prend une moto-taxi pour nous emmener la-bas (5yuan). L’auberge est sympa (style architectural Ming) mais le point noir, ce sont les travaux dans la rue et donc le fait qu’il n’y a pas d’eau a l’auberge. Donc, si on veut prendre un douche, ce sera les douches publiques… Bon, on fera avec… On va directement s’installer car Arno n’est pas bien du tout et doit se reposer. Je fais la meme chose et a 13h, je decide d’aller me ballader dans la vieille ville. Je longe les remparts et parcourt qq rues. Sympa comme endroit (a part les travaux!!!). Il fait beau et c’est tres agreable de se ballader dans cette petite ville de 40,000 habitants qui a garde pas mal d’authenticite dans ses batiments et dans son cadre en general. Bien sur, le tourisme se developpe au grand galop, mais moins que dans d’autres endroits. Je rentre a l’auberge vers 16h. Arno a de la fievre et ne va pas vraiment mieux (malgre le repos de la journee). Je crois qu’on va passer aux antibiotiques si la fievre ne descend pas…

Petites anecdotes du jour:

- du 17eme au 20eme siecle, Pingyao etait le centre financier de l’ensemble de la Chine. Aujourd’hui, il n’y a meme plus une banque dans la ville. Ironique non ?

- les vendeurs ambulants (oeufs qui se vendent au poids, legumes, lait qui se vend a la tasse, charbon en cylindre, autres) se balladent sur des tricycles avec petite remorque et une cassette audio qui annonce en boucle ce qu’ils vendent (du moins, c’est ce que l’on suppose).

 
06 novembre 2006

Petit dej a la chinoise ce matin (chou, germes de soja, crepe et the). Check out (on laisse nos bagages a l’hotel jusqu’a ce soir). Datong signifie “Harmonie” en Chinois, le sous sol de la region est plein de chabon, autrefois region de grands lacs, les dinosaures et elephants qui vivaient la ont contribue a la creation d’un sous sol riche en charbon. La specialite de Datong est le gateau de mariage (transcription de ce que l’on comprend en phonetique [weddingcake]) fourre au mouton, au porc et au boeuf ainsi que l’huile de sesame. Les rues sont gavees de voitures-tricycles comme dans le sud de l’Italie, de moto remorques (a trois roues egalement) et d’Opel Santana. La ville detient un des trois “murs aux 9 dragons” les plus importants de Chine. Et a 9h, rendez-vous a la gare pour le depart de l’excursion en mini-bus. On est 14 personnes et 1 guide Anglophone. On va d’abord visiter les grottes de Yungang a 16km de Datong. Ces grottes (+/-45) sont taillees dans la falaise sud du Wuzhou Shan; elles s’etendent sur 1km d’est en ouest et regroupent plus de 50,000 statues bouddhistes. Tres original comme endroit et encore de tres jolies statues de Bouddha bien conservees. Apres la visite, 2heures de bus pour se rendre au monastere suspendu a 80km au sud-est de Datong. En arrivant, on nous installe dans une petite salle de resto pour le lunch ou il doit faire 0 degre. On nous apporte de nombreux plats regionaux (petits pains cuits a la vapeur, legumes frits, omelette, boulettes de viande, poulet, nouilles, riz). Tout ca est tres bon! Arno ne mange pas car il a l’impression de recommencer une gastro depuis ce matin. Apres le lunch, une heure de visite dans ce monastere suspendu qui est vraiment accroche a la montagne et soutenu par quelques perches en bois…Il fait tres froid, mais on profite quand meme bien de la visite. Ensuite on reprend le bus et retour a Datong. Arno a vraiment chope qqch. Il est malade dans le bus et n’est pas bien du tout. Le probleme: ce soir, on passe la nuit dans le train pour aller a Taiyuan (8h de train) et ensuite 2h de bus pour Pingyao. On va voir comment ca se passe. En attendant le train, il part s’allonger dans la chambre de Xavier, jusqu’au depart du train a 22h (la, Arno rencontre une polonaise et 2 anglais. Les 2 anglais sont supers, ils reviennent justement de Pingyao ou nous nous rendons demain, nous echangeons quelques bons plans...) Le depart du train ressemble tout a fait a celui deja vecu a Beijing. On se retrouve alors dans un compartiment couchette dure… c’est-a-dire un long compartiment avec des groupes de 6 couchettes (3 de hauteur) sans aucune porte. Original, mais assez propre. On s’installe et a 23h precise, extinction des feux pour tout le monde.

 
05 novembre 2006
On quitte l’auberge a 8h30. On prend un taxi pour la gare de Beijing Ouest d’ou part le train N213 a destination de Datong (6heures de trajet). La gare est bondee, grouillante, presque plus grande que la gare centrale. Notre train part de la voie 7. Apres avoir passe les detecteurs de metaux obligatoires dans toutes les gares du pays, on se rend donc dans la salle d’attente/d’embarquement numero 7 qui est elle aussi remplie comme un oeuf, les gens sont debouts les uns contre les autres, formant des files qui ne riment a rien, ils sont aussi assis dans les espaces vides si bien que des qu’une personne bouge, tout le monde est solidaire. Tout a coup, les gens se levent, se bousculent et se regroupent dans une meme direction. On essaie de se faufiler. Apres +/-20min d’attente et une demi-heure avant le depart, les portes vers les quais s’ouvrent, le boarding commence. Tout le monde doit alors passer dans 3 tourniquets pour faire poinconner son ticket. Les portes du train n’etant pas encore ouvertes, les gens se rangent de nouveau en file devant les portes des differents compartiments avec une rigueur plus qu’incertaine. Les portes du train s’ouvrent qq minutes plus tard. Tout le monde se pousse et s’engouffre alors dans les compartiments, cherche sa place (parce que oui, les places sont numerotees; donc rien ne justifie la bousculade ni meme les passages par les fenetres !?!), range ses sacs au-dessus des sieges et s’installe. Le train est full. On doit etre +/-150 personnes par wagon en classe “assis durs”. Les gens jouent aux cartes, discutent, dorment, mangent, … pas si bruyant que ca finalement (après, c’est une question de jugement personnel…apparemment de l’autre cote du wagon, c’etait pas pareil). – petit interlude sur les voyages en classe “assis durs” : Les sieges ne sont pas si durs. En sky bleu (qui fait facilement transpirer), ils sont disposes face a face par rangee de 2 ou 3 alternativement. Les voyageurs sont charges comme des mules, bagages en tout genre (de l’evier inoxydable au mouton vide), ils ont souvent le meme sac en gros plastique tresse, blanc a carreaux rouges et bleus (il faut qu’on en achete) en guise de sac de voyage. Principale activite du wagon: manger. Surtout des nouilles deshydratees, mais aussi beaucoup de noix (celles qui font des epluchures de preference),. On boit du the toujours dans sa thermos individuelle et on joue aux cartes. Les gens parlent assez facilement entre eux et d’un cote a l’autre du train on assiste a 2 ambiances. L’une est plutot calme, quelques cris suscites par les jeux de carte tout de meme, l’autre est hyper animee, la plus simple remarque est pretexte a une discussion collegiale ou chacun prend bien soin de donner son point de vue en meme temps que les dix personnes de son voisinage. Un point commun a ses deux bouts du wagon, on jette systematiquement ses dechets au sol (pas la peine de s’encombrer d’un sac poubelle pour le voyage, le wagon remplit cette tache a merveille. La consigne non fumeur n’est valable que pour ceux qui l’on vue. Malgre les panneaux evidents, les gens fument (pas clope sur clope mais de temps en temps). Spectateurs, nous sommes assidus, les scenes de dejeuner nous saisissent. En temps que pauvres petits europeens obliges de se mettre a la baguette 24/24, nous regardons autour de nous pour s’inspirer et finalement l’angoisse s’evapore a la vitesse de l’ether. Pour manger avec des baguettes, 2 solutions : soit on porte le plat entier a sa bouche et on ne se sert des baguettes que pour pousser la nourriture du recipient a sa bouche en aspirant fort pour faire rentrer ce que l’on veut, soit on laisse partir bras (voire une epaule) sous la table en etirant le cou pour le faire venir quasiment jusque dans son plat. La, le meme systeme s’applique, les baguettes ne servent que de poussoir mais la gravite obligeant, il faut cette fois ci aspirer de plus belle pour etre certain que les nouilles qui suivent la preniere prennent bien la bonne direction. Cela doit bien entendu se produire dans un bruit de bouche deconcertant pour nos oreilles occidentales. Toujours dans le wagon “assis durs”, le crachat est de mise comme dans n’importe quel lieu publique. La plupart de l’effort se concentre sur le raclement de gorge et non sur la puissance du jet. Il convient d’aller chercher tres loin ce que l’on souhaite expectorer et de s’assurer a plusieurs reprises que tout est bien la. Puis quand le concert prend fin, il faut choisir la poubelle la plus proche pour cracher dedans. Notons cependant que si la poubelle est a plus de 2 metres ou si vous ne souhaitez pas vous lever, n’essayer pas de viser, crachez simplement par terre dans le couloir du train a cote de vous, c’est normal; tout le monde le fait….(la journee ca va encore mais dans le train couchette au reveil c’est costaud). La scene du train nous amuse beaucoup tout l’apres midi et au fond, tout ce qui est ecrit ci dessus n’est pas si sale, un balayeur passe dans le couloir pour faire un tas de poubelles toutes les 3 heures (au bout du wagon le tas est aussi gros que si on avait balaye le Glacis a la fin de la Schubi) -  La journee passée a regarder le paysage qui est assez specifique a cette region: des vallees remplies de crevasses, voire de mini-canyons. C’est tres beau! A cote de ca, on traverse des villes minieres, moins jolies ou le charbon en tas cree des nuages noirs autour de chacune de ces villes (car aujourd’hui, il y a beaucoup de vent). Il faut savoir que la province dans laquelle nous nous rendons, le Shanxi, produit un tiers du charbon utilise dans l’ensemble de la Chine. On arrive a Datong, notre destination, vers 17h. A la sortie de la gare nous attendent 2 personnes du CITS a qui on avait reserve l’auberge et l’excursion de demain. Le froid revient en force a Datong (temperatures negatives et un vent violent, il parait qu’on est a plus de 1000 m). A la gare, il nous faut 15 min pour tomber enfin sur un charmant monsieur qui baragouine quelques mots d’anglais. Tres sympathique, il attend le tour avec nous et finalement nous sert d’interprete pour denicher deux billets de train direction Taiyuan dans 2 jours. On aurait bien passe un peu plus de temps avec lui (possibilite d’interview en tete) mais a peine les billets recus, il est deja parti…Tampis, direction l’hotel, 135 Y pour une super chambre double, petit aperitif biere, ce soir, on dine avec Xavier, un kine francais rencontre dans le train. Le resto est cense etre le meilleur de la region (dixit le Lonely) mais des indices nous mettent la puce a l’oreille (les taxis ne connaissent ni le nom ni l’adresse, les autres hotels non plus, il nous faut deux taxis pour arriver a bon port….). Ce resto n’est definitivement pas le plus repute de la region, peu importe, les plats sont bons, calamars frits, poulet a la sauce piquante, soupe de bettes et poireaux…..le retour a l’hotel est plus facile.

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