28/02/07 (Battambang - Phnom Pen)
Sur la route, depuis le bus, nous sommes surpris par ces cheminees de pierre en forme d'Igloos qui ne sont que des fours a briques. Les premiers que nous croisons depuis notre passage en Inde il y a maintenant 3 mois. Cette nuit, Sandra n'a pas ferme l'oeuil avant 2h00 du matin. Autant dire que le reveil de 07h00 ne lui a pas fait plaisir et que le bus est parfait pour une fin de nuit. Tous les bus au depart de Battambang ce matin etaient complets. Pas trop de touristes, beaucoup de locaux. Il faut dire que les prix sont tellement abordables (4 dollars pour les 5h00 de bus entre Batt et PP) que les clients se sont rabattus en masse vers ce moyen de transport, laissant en reste le train qui affichait tout de meme 14h00 pour le meme trajet. Aujourd'hui un seul train effectue le trajet. Il est hebdomadaire, le dimanche, dommage pour nous qui voulions gouter un peu de ce train mythique et de son toit. Le trajet en bus, donc, est ponctue de 3 arrets de 10 minutes et d'un arret de 30 minutes pour le dejeuner a 10h00 du matin ! Phnom Pen est en pleine activitee lorsque nous arrivons. En chemin j'ai achete des palais de sucre de palme pour voir.... j'ai bien vu, mais il me reste maintenant 2 kilos de sucre dans les mains. Nos sacs sont bien trop lourds pour la distance qui nous separe de notre GH cible, la chaleur et la fatigue. Tuk-tuk a 3000 riels (pas la patience de faire descendre le prix plus bas). La Okay guesthouse n'est pas tres loin des musees, de la riviere et des restos, parfait pour nous. Malheureusement elle est "full" mais pas tout a fait, nous avons la derniere chambre pour 4 dollars (et pour avoir teste un bon panel depuis le depart, elle ne vaut pas plus). Bref, nous posons nos affaires pour ajourd'hui. Ce soir, repos, nous regardons "The Killing Field". Un des seuls films sur la prise du pouvoir des Kmers rouges, il est en realite beaucoup plus axe sur les etats d'ames d'un journaliste americain, qui passe au premier plan par rapport aux reels evenements. Y aurait il eu un peu de censure par ci par la, ou tout simplement de la bonne grosse mise en avant americaine, toujours est il que le film laisse une nette impression de decalage avec la realite, et bien sur en faveur de Sam.
01/03/07 (La prison)
Depuis notre arrivee au Cambodge, nous nous sommes pas mal renseignes, nous avons lu, ecoute et regarde. Aujourd'hui nous nous rendons au "musee du genocide". Il est materialise par la plus grande prison et la plus meurtriere edifiee sous le regime de Pol Pot (Saviez vous que Pol Pot avait etudie le Marxisme a la Sorbone a Paris ?). Ancienne ecole, reconvertie pour l'occasion en camps de concentration, elle a ete agrementee de barbeles, de plaques de taule et de cages en briques et en pierres. Tout ou presque est reste en l'etat. Pas de gros panneaux explicatifs, juste les photos des detenus (prises par les kmers rouges lors de l'arrivee des prisoniers, des ossements, les outils de torture et quelques toiles d'un des prisonier qui s'en est sorti. Le batiment est comme rempli de fantomes et l'ambiance est lourde. Entre 15000 et 20000 prisoniers sont entres dans Tuol Sleng ("S-21") et seuls une dizaine en sont sortis vivants. Tous ont ete tortures et peu sont ceux qui ont eu la "chance" d'etre executes par balle. Une matinee pleine d'emotions peu rejouissantes, qui encore une fois souleve en nous un flot de questions et d'interrogations.....Les gens qui sont passes par la ont ete, des membres de l'ancien gouvernement, des moines, des erudis, des personnes qui portaient des lunettes, des gens qui parlaient anglais ou francais, des profs, des etrangers, mais aussi beaucoup de khmers rouges desavoues par leur gouvernement....des hommes, des femmes et des enfants.
Nous quittons ce musee et decidons de ne pas aller visiter les "killing fields" ou les prisoniers mais aussi beaucoup d'autres ont ete assasines (300 killing fiels en tout dans le pays pour 2 millions de personnes qui ont perdu la vie entre 1975 et 1979). Nous remontons a pied en ville pour des aventures un peu plus legeres. En effet, a la recherche de photos d'identite pour les Visas a venir, nous nous arretons dans un veritable studio de photos a l'asiatique. Les miroirs, le maquillage (sorti d'une pochette surprise) et les deguisements qui vont avec. Je suis a fond pour une petite seance, j'en peu plus de rigoler mais nous nous contentons de 4 photos d'identite "classiques". Dommage, vous auriez pu avoir Sandra en reine du disco edulcore a paillettes et moi en "Phonzi asiatique" avec boucle d'oreil et poignets de force. Les antibiotiques contre la fievre thypoide se font bien sentir. Je m'ecroule litteralement sur un banc du musee national pendant que Sandra arppente les couloir emplis de boudhas, sculptures etc.... Le soir nous sortons le long de la riviere ou tous les couples passent la soiree (etonnant au pays ou on ne montre pas de signe d'affection entre hommes et femmes) puis au Friend's restaurant. Nous le recommandons tres tres tres fortement a quiconque viendrait a Phnom Pen. Super petits plats, le tout prepare et servi par des enfants des rues dans un professionalisme et un decor incroyable.
02/03/07 (Phnom Pen - Sihanoukville)
4 heures dans un bus micro-ondes. Nous passons la fin d'apres midi et la soiree face a la mer. Pendant le voyage, c'est toujours la meme chose, paysage recurent (maisons sur pilotis en teck et toits en tuiles) et terre seche, nous reviendrons un jour en saison des pluies. Les arrets sont moins frequents que d'ordinaire, nous arrivons dans Sihanoukville (Sihanouk est le nom du roi precedent) vers 13h30. Des le premier restaurant, nous comprenons que nous sommes a Cannes. Les prix sont multiplies par 1,5 par rapport au nord. La premiere echoppe de soupe de nouille fera donc l'affaire pour ce midi. Ensuite, nous marchons plusieurs kilometres en direction de la plage sous un soleil d'enfer. Une marche eprouvante...mais aussi l'occasion de voir de pres, les maisons immenses, les commerces nombreux, la circulation desordonnee et l'ecole grouillante. Grouillante, la plage l'est aussi. Pleine de touristes, plutot cambodgiens et de restos/bars, elle est immense, blanche et polluee. Les locaux jettent tout (papiers, metal, plastiques, ) au sol, a leurs pieds, sans que cela ne les derrange. Le resultat est instantane et bien visible. Tout cela est fait tres naturellement, devant les enfants et tout le monde rigole, se roule, marche et vit sur les dechets de la plage. Ce n'est pas pret de s'arreter. Difficile de faire quoique ce soit a notre niveau a part refuser les milliers de sacs en plastiques que l'on vous distribue a n'importe qu'elle occasoin et de bien faire attention a ses propres poubelles. Nous passons la soiree dans un resto a 3 metres des vagues, le pied, et rentrons dans notre auberge du centre ville en moto taxi, a trois sur la mobylette.
03/03/07 (Une journee dans les mangroves du Ream National Park)
Le changement de Guest House a 07h30, la "degustation" des "Tapa" (boules de riz et de coco au sucre et au vin rouge de palme) de bon matin, le petit dej au lance pierre et l'agitation nous donne le sentiment qu'une journee entiere s'est deja ecoulee avant que nous ne commencions notre tour guide dans le parc national. Un mini bus nous emmene pres d'une embarquation sur le riviere qui se situe a quelques kilometres a l'est. Nous descendons la riviere bordee de mangroves (allees d'eau qui s'enfoncent dans la jungle de part et d'autre de la riviere). L'eau passe du marron au vert translucide au fur et a mesure que nous nous rapprochons de la mer de Chine. La barque a une facheuse tendance a pencher a babord, ce qui est peu comfortable. Les paysages sont tres sympatiques, arbres gras, aigles dans le ciel, peheurs de crevettes tigres (pour les rayures pas pour les dents)....au detour d'un rocher, nous nous retrouvons face a une plage sauvage d'une blancheur incroyable. Nous y accostons. Une demi heure de baignade dans cette eau a 35 degres (la verite!). Pas de bol, Sandra a juste le temps de copiner un peu avec les meduses (plus de peur que de mal) puis c'est une petite ballade de quelques minutes dans la jungle. De quoi observer quelques lezards, insectes, termitieres, fourmies geantes et arraignees plates. Pour le dejeune, nous avons du baraccuda (succulent), dans une cabane sur l'eau. Mlheureusement nous ne verrons pas les dauphins. Sur le retour, le Ranger (qui doit avoir 13 ans) nous donne quelques infos sur le parc qui fait 21000 hectars, nous montre quelques oiseaux qui pechent et un singe (que personne ne voit sauf quand il fini par s'enfuir). Cette journee nature, recreative et bonne enfant nous a fait beaucoup de bien. Aucun lien mais nous avons repris les cours d'Espanol depuis peu. PS : Bon anniversaire maman.
04/03/07 (Comme des crepes)
Nous nous ecartons un peu de la masse en ,marchand quelques kilometres vers l'est. Une fois passes les bars, les terrasses, les restos, les loueurs, il n'y a plus que les arbres, le sable blanc, l'eau chaude et ..... les poubelles. Moins nombreux qu'au niveau des restos, les detritus sont encore bien presents dans l'eau, sur le sable, dans les arbres et les buissons. Nous trouvons donc un arbre sympa qui accepte que nous posions nos serviettes sous son ombre. Seuls au milieu de rien, ce sera lecture, bronzette (non!, plutot brulette) et baignades. Pele mele sur cette plage, des touristes occidentaux, des touristes cambodgiens, leurs petits enfants toujours enrobes d'un gillet de sauvetage, des terrasses avec fauteuils en rotin et coussins, des enfants qui vendent des bracelets, des colporteurs qui proposent langoustines, mangues vertes et jaunes, ananas, calamars, massages, epilations, tours, happy hours, jet skis puis viennent les mutiles de guerre qui exposent leurs blessures, unijambistes, cul de jatte, manchos, cicatrices de tortures et de balles, ensuite les mendiants avec leurs petits enfants en bandoulliere, le defile est incessant, attristant, revoltant, devient lassant puis amusant si on s'y prend gentillement, les gens sont charmants et interressants, la plus part du temps.
05/03/07 (Sihanoukville - Phnom Pen)
Hier soir nous avons pris une bouteille de vin rouge (moyen, il nous a fait bien plaisir malgre tout). Une matinee plutot tranquille face a la mer encore une fois mais a l'ombre aujourd'hui. A la terrasse de notre cantine, le spectacle est beau. La bretagne avec de l'eau chaude et du sable blanc....! (Si, si). Je profite d'un peu de temps pour aller faire mettre l'ipod a jour (encore une fois merci les potes de Lux pour ce cadeau qui nous acompagne de tres pres). Les billets de bus en main, nous bouclons les sacs avant midi. Nous croisons les doigts pour continuer ainsi a packer et depacker les sacs tous les deux jours sans ne rien perdre (depuis le depart nous avons seulement oublie les tasses en metal et j'ai "egare" le tour de cou noir....). La chaleur dans le bus "climatise" est aussi insoutenable qu'a l'allee. Le break se fait comme de coutume dans un resto-route local, chaises en plastique bleues ou rouges, tables en carrelage, teilleres toujours pleines et a disposition, marmites fumantes, glacieres oranges, riz et nouilles. J'en profite pour tester la soupe de nouille a la coco. Un delice si on fait abstraction des mouches. Tout est base sur la confiance. Il suffit de se servir et a un moment donne, quelqu'un vient demander des sous....c'est aussi simple que ca et curieusement pour nous (europeens), ici ca marche ! Nous avons beaucoup aime Sihanoukville pour les plages, les restos et les sourires des gens, nous avons aussi regrette cet air puant amene par ces occidentaux poisseux venus se payer les "charmes" de jeunes Cambodgiennes et Cambodgiens.
06/03/07 (Back in PP)
Il y a de nouveau des singes sur les immeubles, hier il y avait des vaches sur la route et nous avons mange un thali........un petit retour en Inde ?
Hier soir nous sommes venus nous installes dans le quartier des backpackers pres du lac, comme ca, pour voir. C'est en fait un "little India" musulman, l'occasion de manger un Naan a l'ail et un super Chicken curry epice a l'indienne accomnpagne de Dal, de raita et de mix vegetables......un delice un peu trop copieux....Ce matin nous negocions (comme toujours) un tuk-tuk pour nous rendre dans le quartier des ambassades, plus precisement celle d'Australie. Apres un peu d'attente et quelques recherches, nous sommes acceptes a l'ETA (original non?). C'est un "visa" electronique gratuit. Nous remontons ensuite la ville en nous arretant au Friend's restaurant (de nouveau) qui travaille avec et en faveur des enfants du Cambodge. ONG a l'initiative de trois touristes etablis a Phnom Pen depuis maintenant 10 ans.Le resto tourne a 200 a l'heure et affiche complet le midi et le soir. Il offre les meilleurs plats que nous ayions trouve depuis le depart. Plus haut c'est le marche couvert, aussi remarquable pour son architecture communiste sovietique que pour l'etroitesse de ses allees et les efluves de ses abords. Il est specialise dans les montres, les lunettes de soleil et autres bijoux et fausses pierres. Un concentre de "Bling-Bling" a l'asiatique. Encore plus au nord, c'est le Wat Phnom, le monument erige lors de la fondation de la ville. Un petit tour par la poste, un verre en terrasse, l'achat des billets pour le Vietnam (4 Eur) et nous sommes prets a vous envoyer les derniers recits et les dernieres photos du voyage.