Semi ascension de volcan

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Bolivie - Sajama
de Arno, le 13-07-2007

Semi ascension de volcan

10/07/07
Départ pour le Volcan Sajama.
Le taxi nous emmène sur le “alto” de La Paz. Les centaines de microbus racolent les travailleurs qui se rendent à l’usine à 6h30. Un sans-abris crève de froid au milieu du trottoir, le guide a 45 min de retard.
Le trajet pour rejoindre la montagne dure 4h30, au début, les hauts plateaux enneiges (très rares) puis la recherche de kerozen pour cuisiner, des tombes ancestrales en torchis, des rochers et des petits canyons de terre rouge. Selon la légendes, des hommes et des animaux habitaient sur le plateau lorsqu’il n’y avait pas encore de soleil. Lorsque le soleil est apparu, ils se sont transformes en pierres.
Nous arrivons à Sajama pueblo ou après un attente de 3 heures, le guide m’explique qu’il n’y a pas de mules pour nous et qu’il nous faudra attendre demain pour partir et faire deux jours en un. Pas possible physiquement, j’insiste un peu et deux heures plus tard nous voila partis avec une mule en direction du campo basse.
Coucher de soleil ocre, vent froid mais acceptable. Nous dînons et nous couchons au couché du soleil, a 18h00. Nuit froide (-10) mais ça passe sans encombres.

11/07/07
Ascension au Campo alto. Nous partons de 4500m d’altitude vers 9h30 du matin! La mule ne peut pas monter plus haut, c’est un porteur qui nous accompagne.
Aucune explication du guide sur l’état du chemin, les difficultés ou quoique ce soit. Je découvrirai par moi même et à mon grand regret que le terrain est sablonneux du début a la fin et que certaines pentes sont a 50%. Avec le poids du sac, l’altitude qui vous donne l’impression d’être un fumeur de 30 ans et le vent qui vient en rafale juste au bon moment pour vous faire trébucher et redescendre de 2 mètres, je fini difficilement la journée. Je mets 5 heures en tout pour grimper, je me fais doubler par 5 Allemands, je m’arrête tous les 5 mètres pour survivre. J’ai l’impression d’avoir bu et d’être asphyxie sans jamais pouvoir reprendre mon souffle. J’ai vraiment atteint mes limites, mon acclimatation est moins bonne que prévue et je souffre affreusement à chaque pas. Arrive au camp du haut, je mets 15 minutes à retrouver mes esprits et ça ne dure pas longtemps puisque le mal de tête arrive à toute allure, précédant de peu la nausée.
Un petit sandwich de fromage et jambon avant de me coucher. La bonne surprise c’est que nous sommes en (très) haute montagne et que mon super guide n’a pas la moindre trousse de secours!!! Je me relève quand il vient dans la tente faire brûler son kerosen pour faire un thé dont je n’ai pas envie du tout. Par contre l’odeur du combustible dans la micro tente est insupportable et je préfère les -20 degrés et le vent de sable de dehors……jusqu’a ce que je sois congelé.
Tout le début de la nuit je repense a la difficulté que j’ai eu a monter mais quand mon mal de tête passe un petit peu, je retrouve vite ma motivation pour me lever a minuit et demi, chausser les crampons, prendre les piolets et aller au sommet. Malheureusement la rechute guette sans cesse et le mal de tête l’emporte. Les Allemands m’on donne de l’ibuprophene mais a quoi bon prendre des médicaments contre une montagne. Impossible de fermer l’oeil, mon coeur bat tellement lourdement que je crois qu’il est prête a imploser, il me fait mal, des que je commence a m’endormir, je m’étouffe et me réveil en sursaut pour happer l’air et reprendre un peu d’oxygène…..finalement je regarde tous les éléments en face une dernière fois et décide de redescendre. Lorsque je rend ma décision au guide il me répond que de toute façon lui non plus ne peut pas fermer l’oeil, a cause des violentes rafales de vent et qu’il serait trop imprudent de tenter la montée.
La nuit me parait infiniment longue, je ne dors pas plus de 30 minutes, il fait -23, les sacs de couchages sont gelés, impossible de boire, les gourdes sont gelées, la vapeur de mon propre souffle se gèle instantanément sur mes lèvres….dur, dur…

12/07/07
Le plus dur ce matin, ce n’est pas de sortir du sac, c’est de plier bagages. Impossible de faire cela avec les moufles. En 5 minutes, les doigts sont entièrement gelés et il est encore plus difficile de manipuler, les lacets, les boucles, les nœuds. Bref, ça fait mal.
Peu après avoir émerge de la tente, j’entends du bruit et je vois les deux Suissesses sortir de leur tente, puis c’est au tour des 5 Allemands. Grosse surprise ! En réalité, 2 autres personnes avaient mal à la tête et personne n’a pris le départ cette nuit en raison du vent. Un Australien et un Néo-Zélandais arrivent au camp et font également demi-tour face aux conditions dangereuses. Il ne me faut qu’une heure et demi pour redescendre ce qui ma prit 5 heures a grimper hier. Des que nous nous posons au campo basse pour boire un café, le tête, le ventre, la respiration, tout va déjà beaucoup mieux et le reste de la journée me réjoui.
Nous passons l’après midi dans les sources d’eaux chaudes naturelles.
Bonne soirée avec Pedro l’Argentin et Nico le Chilien.
Je ne suis pas allé au bout mais j’ai bien profite de cette expérience unique et un peu extrême (pour moi). C’était mon initiation à la haute montagne et même si elle ne se solde pas par une victoire, j’ai eu de nouvelles sensations, je connais de nouvelles limites (à dépasser) et j’ai profite de ces difficultés pour les mettre en parallèle avec beaucoup de situations communes. Un voyage riche en réflexions, en émotions, en sensations et en découvertes….

13/07/07
Une journée 24 heures Chrono

5h30 : Réveil frigorifiant
6h15 : Je réveille le guide
6h30 : Le café est prêt
6h30’5 : Il faut boucler les sacs en 4eme vitesse et charger le microbus déjà rempli de locaux.
9h30 : On s’arrête une enieme fois pour prendre encore plus de passagers.
10h45 : Arrivée a Patacamaya
11h00 : A la recherche du prochain bus
11h15 : Debout dans l’allée du bus en direction de La Paz
12h30 : Arrivée a LaPaz. L’agence (Travel Track, déconseillée) a oublie de faire ma réservation, je fais le tour des 10 agences, plus de places pour Potosi !
12h45 : A la recherche d’un Hôtel pour ce soir. Réservation d’un lit en dortoir au Cactus.
13h15 : Recherches de solutions pour rejoindre Sandra a Potosi, Je subi le supplice d’entendre les milliers d’excuses bidons de l’agence concernant l’oubli de réservation…
14h00 : Envoie d’un mail a Sandra pour dire que je ne serai pas au RV demain
14h15 : Douche a l’auberge
14h45 : Je dépose la lessive a la Lavanderia
14h55 : Je demande un T-shirt au Hard Rock Café mais le parton n’est pas la…..faut repasser
15h30 : Gare des bus. Re-recherche de solution
16h00 : Trouvée la solution! J’achète la dernière des dernières places pour Sucre et je descendrai à Potosi avant, en plein milieu de la nuit…..Bingo.
16h15 : Marche au pas de course en direction du sud de la ville.
16h45 : A bout de souffle je récupère l’appareil photo qui devait être nettoyé mais qui est toujours sale (zut)
17h15 : Je sors du taxi qui est coince dans les bouchons et fini a pied en montée.
17h30 : Je récupère mes sacs a l’hôtel et paie la nuit que je ne vais pas passer
17h40 : Je commande un T-shirt et un hamburger au Hard-Rock café LaPaz et laisse mes sacs
17h55 : Je récupère la lessive sans Pb
18h05 : Le hamburger et la bière arrivent finalement
18h25 : Je saute dans le taxi (il y a toujours autant de bouchons)
18h45 : Gare des bus check-in
19h00 : Départ du bus, rencontre et discussions avec Marco, ingenieur Bolivien.
19h15 : Léger accrochage avec un autre bus.
19h30 : Arrêt (Je vérifie les soutes pour que mon sac ne disparaisse pas)
21h00 : Arrêt (Je vérifie les soutes pour que mon sac ne disparaisse pas)
23h15 : Arrêt (Je vérifie les soutes pour que mon sac ne disparaisse pas)
03h00 : Arrêt (Je vérifie les soutes pour que mon sac ne disparaisse pas)
04h30 : Arrivée a Potosi
04h40 : Taxi clandestin (A cette heure ci on a pas ce qu’on veut ! Pour un peu plus de fun, c’est JoeyStarr au volant, dents en or, mitaines en cuir et capuche de jogging)
04h55 : Négociations avec le gardien pour pouvoir entrer dans l’hôtel
05h00 : Crash su le petit canapé de la réception pour finir la nuit en compagnie du gardien, au frais.
07h00 : Les premiers clients descendent pour le petit dej, réveil torticolis, mais en pleine forme !

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