Jeudi 2 Aout Le grand changement ! La nuit a été courte comme souvent depuis le début du voyage. Les valises sont prêtes mais ce qu’elles ne savent pas encore c’est que pour une fois elles ne partent pas au même endroit. Une dernière occasion pour Sandra de goûter au Dulce de Leche (cette pâte écoeurante de lait sucre cuit) soigneusement évitée et nous voila dans le taxi vers Ezeiza, l'aéroport international de Buenos Aires. 40 minutes de routes et autoroute, 2 péages et nous voila débarques. La boule dans la gorge, Sandra fait son check-in alors que je réserve mes billets de retour dans 2 mois. Il y a quelques 300 jours, nous volions vers Moscou, le grand inconnu devant nous, un peu avant encore, nous hallucinions sur la vitesse du compte a rebours qui nous séparait du départ, et aujourd’hui, de manière plutôt inattendue, c’est la fin du voyage pour Sandra. On s’attend toujours au retour. Même si celui ci est un peu anticipe, on a toujours une idee la date. Seulement on ne prépare jamais les retours comme on prépare les départs et curieusement, ils sont souvent plus violents. Si je peux me permettre une métaphore, le départ serait le rhéostat et le retour, l’interrupteur On/Off. Aujourd’hui, il est a double sens.
Il est temps de se rendre a la porte 16 pour Sandra, derniers bisous. Première barrière de contrôle, encore un au-revoir de la main et elle disparaît derrière les panneaux en verre. Je me rend compte que le couloir fait un coude sur la gauche et en me décalant de quelques mètres, j’ai juste le temps de croiser une dernière fois son regard et de lui envoyer un baiser.......pssssccchuuuuttt......partie !  C’est un retour pour Sandra et un nouveau départ pour moi...., une moitie de V.O. qui s’en va ! Bye bye poullette, a dans 2 mois. Profite bien de ce pourquoi tu as décide de rentrer. Ma trousse de toilette pendra seul dans le dortoir, il n’y aura plus qu’un seul carnet de voyage, je ne commanderai que des ½ bouteilles de vin (quoique), fini les chambres doubles, il n’y aura plus qu’un sac a sortir du bus et je n’aurai plus de telle confidente pour partager mes impressions et sentiments sur les pays, les villes et les gens. Bref le moral n’est pas au mieux a la veille de cette grande nouvelle expérience. Le retour en bus (1.25 pesos au lieu des 50 du taxi) est bien long (2h30 au lieu des 30 min du taxi). Beaucoup de voyageurs s’attardent sur le débat du voyage a plusieurs ou en solo, bientôt je pourrai témoigner en connaissance de cause. 10 mois a 2, 1 semaine en groupe et 2 mois seuls, en voila des façons différente de vivre un voyage et croyez moi, elles n’ont rien a voir l’une avec l’autre.....a chacune ses avantages. En tête a tête avec moi même, je passe l'après midi a « digérer » la séparation, un peu hébété et maladroit, je préfère me poser dans mon café internet favori pour reprendre mes esprits, comme si j’avais pris un coup un peu trop fort. Les 2 mois qui s'allongent devant me semblent infinis, et j’ai la trouille de rentrer seul a l’auberge, de peur de ne pas savoir quoi dire ou quoi faire...bref il est temps d'atterrir garçon !
Comme la vie est belle et que le destin fait très bien les choses, c’est au moment ou on se sent le moins a l’aise qu’un secours improbable arrive. En rentrant, je suis étonné de découvrir que dans mon dortoir de 6 je suis le seul garçon. C’est la, que je rencontre Rhonda (Australienne) et Vered (Israélienne) qui connaissent Dana (Israélienne), qui connaît Brian, le frère de Jonathan et le pote de Claudia, bref......en 2 minute, je suis invite, a sortir ce soir avec ces Argentins qui passent nous chercher en voiture a l'hôtel quand le monde décide vous aider il n’y va pas avec le dos de la cuillère et le bar Mitos Argentinos propose un super concert avec tous les tubes Argentins, le bar est en folie, la nuit est courte. 
3 Août Puisqu’il me reste 3 jours avant le grand évènement, il faut trouver qqchose a faire. Lundi dernier le musée était ferme, ce matin, on me dit encore qu’il vaut vraiment la peine d'être vu, Le programme de la journée est fixe !. En compagnie de Ilva (Allemande qui vient d’avoir son bac et qui voyage en Argentine pour 1 mois), nous empruntons la désormais bien connue ligne C du métro, de Independencia a San Martin. Depuis 4 jours il fait moche et aujourd’hui il pleut vraiment trop pour rester dehors, du coup, Ilva qui devait aller au cimetière se rabat sur le musée. Cet endroit est une mine d’or. Dix fois plus facile a visiter que le Louvres, on peut admirer des oeuvres majeurs de la période impressionniste. Des tableaux de 1500 a 1950 qui rassemblent Picasso, Toulouse Lautrec, Bourdelle, Cezanne, Rodin, Rubens, Rembrand et d’autres ( Van Gogh, Monet, Degas, Renoir, Gauguin, Courbet, Manet, Sisley, Pisarro, Latour, Millet, les debutants quoi!). Trop de belles choses d’un coup pour tout assimiler. On se rend compte en regardant les détails des artistes, que la plupart son passes par la France a la fin du 19eme et au debut du 20eme siecle. On voit aussi qu’entre 1914 et 1918, on continuait de peindre en Amerique du sud. Un musée incroyable avec un premier étage tout aussi incroyable que le rez de chaussée. En haut, ce sont les oeuvres modernes, une myriade de formes, de matières, de couleurs, d’illusions, de jeux de lumière. Bref, une longue visite qui en valait la peine ! A la sortie il ne pleut plus, Ilva part au cimetière. Elle me dit qu’hier elle a vu le musse d’art moderne (Malba) non loin d’ici.....c’est parti. Je crève de faim, mais comme les musées se situent dans les quartiers aises, il n’y a forcement rien pour manger dans la rue (ni distributeurs d’argent). Tout ce qu’il semble y avoir a 1 km a la ronde, c’est le resto du Malba ou on me sert une salade (choisie dans la partie plats principaux du menu) composée de 3 tomates séchées, 3 petites tranches de mozzarella et 2 feuilles de basilic. J’aurais du prendre une photo pour vous faire rire. Pour ajouter de l’effet a tout ca, ils m’ont charges 26 pesos (un menu plat, vin, café, dessert dans un resto très correct est normalement a ce prix la). Face a ce bébé salade, je rencontre Minny, qui poursuit ses études de Psychologie a New-York, décidément, après Rhonda, ça fait beaucoup de psy en ce moment. Musée de folie aussi, beaucoup plus rapide que le premier mais très visite. En rentrant a pied, il pleut toujours et je décide de me faire un super cadeau. Un peu dans la même optique que mon jean la semaine dernière, je choisi de m'offrir une chemise (la deuxième de l'année). Un truc de fou pour un voyageur mais j’avoue que je commence a sentir les influences négatives de la ville et que je sens les regards (légers) sur moi quand je rentre dans les restos, les bars et les boites, en T-shirt décathlon et en basket alors.....je me normalise avec une belle chemise a 50 pesos (12 Euros). Et dans cet élan de folie, je m'arrête même chez un coiffeur pour remettre de l’ordre dans la catastrophe que m’a laisse le travesti de Cusco sur la tête. Soiree repos avant le week-end
Samedi 4 Août On dirait que le temps va changer, le soleil pointe le bout de son nez. Petite excursion sympa avec Ilva au terminal terrestre pour acheter les billets de bus. Un allez retour en métro et un billet en poche plus tard me revoilà dans mon quartier adoptif de San Telmo, profitant d’une petite brasserie/parilla locale avec un verre de Malbec Lopez, tranquille. Pour faire passer le Buddin de Pan (sans Dulche de Leche) je me ballade l'après midi (7 km) dans le parc nationale qui se situe entre la ville et la mer, derrière Puerto Madero. Un énorme parc de hautes herbes, de joncs et de marécages avec les grattes ciels de la ville en toile de fond. Parmi les milliers d’oiseaux résidants, les familles, les couples et les sportifs viennent se dégourdir le week-end, moi, je prends des photos. A l'extérieur du parc, en ce samedi, une fête foraine se prépare (ou alors elle a lieu mais y’a vraiment personne) et la musique se repend. Ça me fait penser qu’il est temps de passer un telephonazo a Brian pour édifier le plan de ce soir. Petit repos du guerrier avant la bataille et a 9h00. Brian arrive avec son carrosse pour nous récupérer (Rhonda, Ilva, Minny et moi). Une trentaine de blocs plus loin, a Palermo, nous retrouvons Jonathan, Claudia, Pancho (Mexicain) et Lenhon (qui a plus visité Paris et l'Europe que moi). Désole pour les conseils qui auraient pu servir mais je n’ai pas retenu les noms des lieux. Resto/bar pour quelques pizzas, bières, vin et FernetCola (oui, oui, du Fernet Branca et du Coca, c’est le cocktail de base de la jeunesse Argentine. Si on en croit les vertus médicinales du Fernet (fidele allie de l’huile de fois de morue tant au niveau du gout (bizar) que des effets), les jeunes argentins doivent avoir une santé de fer !). Une fois que le dîner est termine (vers 01am) il est temps de se diriger vers le bar/boite. A l’instar du Pacha la semaine passe, je n’ai pas vu la couleur du dancefloor tellement il y avait de monde. La musique rock-pop excellente, les bons cocktails et les personnes présentes ont fait de cette soirée, la meilleure soirée de Buenos Aires le 4 Août ! Pour clouer le tableau, on fini la soiree avec le batteur des Gun’s (d'après ce que nous ont dit les videurs et les serveurs, moi je l’aurais jamais reconnu.....bref de vrais V.I.P.) Les Cartoneros de Buenos Aires :  Tous les jours peut importe qu’il pleuve ou qu’il gèle, a la tombée du jours, une énorme entreprise se met en place. Des que les rues deviennent sombres, que les visages se confondent, d'étranges silhouettes poussant des caddies et des chariots débutent un balai qui dure jusqu’au lever du soleil. Ce ne sont pas les vampires modernes, ce sont les cartoneros. Ils sont nombreux et s’ils ont des styles bien différents (la femme a qui j’ai donne le tente de Nvelle Caledonie n’avait pas du tout le style de son « boulot » et pourtant.....), il viennent tous de la même catégorie sociale ! Les plus jeunes ont une dizaine d'années et les plus vieux sont très vieux. Le système est connu et accepte. Il n’y a pas d’usine de recyclage des déchets concrète, ce sont les cartoneros qui font le boulot dans la rue. Chaque nuit, ils ouvrent des milliers de sacs poubelle, poussent leurs chariots, sactivent, trient, rangent et le matin, ils vont vendre leur « production » aux usines de retraitement. Malgré la rapidité du travail et le peu d'encadrement, ils sont vraiment respectueux, faisant en sorte de ne pas éventrer les sacs et de laisser les rues dans un état acceptable. Certains parlent d’une « façon d’occuper », d’autre de « laisser aller social », pour moi ce sont des mineurs de ville, ils font bien leur boulot. Pour un appercu plus approfondi voici un article interressant : ICI 5 Août Journée exclusivement réservée.... Pour beaucoup d’Argentins c’est le grand jour. La journée d’ouverture du championnat de foot. A quelques kilomètres du stade, je ne pouvais pas manquer cela. On m’a dit qu’en matière de foot les Argentins sont des fous, il fallait vérifier. Les équipes : Bocca Junior (équipe de Maradona, championne de la copa America la saison passée, Équivalent Champions Ligue) Vs Rosario Central (milieu de grille). Le lieu : Stade de la Bocca a Buenos Aires 
Nous arrivons avec 2 heures d’avance. Parfait pour voir un stade vide se remplir (85% arrive dans les 10 dernières minutes). Au début, ce sont les gradins « populars » qui prennent du volume, avec les installations des drapeaux, des tambours et des musiciens. Puis des petites paquets blancs se mettent a voler du haut des gradins vers le bas. Les gens préparent eux mêmes des confettis de 5cm sur 5cm, ils les rassembles en petits tas sertis d'élastiques et les envoient aux spectateurs de devant afin que ces derniers puissent les faire voler a l’arrivee des joueurs...... Nous, nous sommes sur les « platenas altas » tout en haut, derrière les buts, avec pleins de groupes de touristes mais aussi des locaux. Il fait un froid de canard. Martch nul 0-0, mais on s’en fou. Ce qui compte quand on est touriste ici c’est ce qui se passe dans les tribunes. Les gens chantent, ils dansent et quand on s’y met avec eux, c’est le stade entier qui danse. Impressionnant de se retrouver en haut d’une structure en béton que l’on voit et que l’on sent bouger sous nos pieds au rythme des chansons de supporters.... Mauvais début de saison pour la Bocca qui a été globalement dominée. Le soir je m'écroule dans le bus Cama qui m'emmène a Cordoba. 6 Août. Arrive a 7h30 (c’est pas des heures pour se lever ça !), je trouve un hôtel. Aucune visite, juste une longue sieste, la mise a jour du blog et on verra demain (ou ce soir) a quoi ressemble Cordoba. |